Critique The Handmaid’s Tale Saison 3 : bénie soit la révolte !

Heureusement que le dernier épisode était à la hauteur, puisque cette troisième saison de The Handmaid’s Tale nous a déçu.e.s.

Malgré une première partie de saison plutôt satisfaisante pour The Handmaid’s Tale, les épisodes 6 à 10 s’enlisent dans une profonde lenteur qui confirme ce que nous avions soulevé dans nos précédentes critiques (saison 2 et début de la saison 3) : Hulu vise le long terme pour dégager un maximum de bénéfice en dépit de la frustration déclenchée chez les spectateur.trice.s. Si on peut comprendre que ce choix a parfois un réel but narratif, il en résulte une grande lassitude. C’est le cas en particulier de l’épisode 9, qui constitue à la fois un tournant pour la série et à la fois un surplus encombrant qu’il aurait fallu raccourcir.

The Handmaid’s Tale – ©Sophie Giraud/Hulu

C’est finalement tout le paradoxe de The Handmaid’s Tale : réussir à nous captiver malgré une forme d’ennui pendant le visionnage. Une prouesse réalisée en grande partie grâce au talent d’Elisabeth Moss, que nous n’avons que trop peu souligné précédemment. Tout se joue dans son regard et son flegmatisme sans faille, laissant croire à une résignation et cachant en fait une profonde haine et volonté d’en découdre avec le système promu par les fils de Jacob. Hulu offre ainsi une saison sur-mesure pour June qui peut enfin laisser libre cours à son leadership – malgré sa condition de servante – et nous épater un peu plus.

C’est le cas aussi avec la mise en scène toujours brillamment orchestrée que nous avons pleinement le temps d’admirer. Les décors et les costumes nous plongent un peu plus dans la piété de ce monde dystopique en nous emmenant à Washington. C’est ici que Gilead atteint le point culminant de sa cruauté (du moins on l’espère).

Quand un acteur fait le job des scénaristes

Malheureusement c’est aussi ici que se développent de nombreuses incohérences scénaristiques qui vont à l’encontre de l’évolution des personnages voulue dans la saison 2. Et vous serez déçus de certains revirements psychologiques… On remercie tout de même l’acteur Joseph Fiennes (Fred Waterford) d’avoir insisté pour couper au montage une scène de viol, qui aurait été malvenue dans l’arc narratif des protagonistes concernés. C’est déjà ça de gagné.

The Handmaid’s Tale – ©Barbara Nitke/Hulu

Mais les scénaristes savent se montrer très efficaces lorsqu’il s’agit d’aborder la dualité de Tante Lydia et du Commandant Lawrence. Tous deux très complexes, c’est avec plaisir – et non sans surprise – que nous les apprivoisons sans pour autant les cerner complètement. Pour celle chargée de faire régner l’ordre chez les servantes, cela passe par des flashbacks relatant son passé. Et pour le fondateur de l’économie de Gilead, par la relation qu’il entretient avec sa femme, Eleanor. Ce dernier apporte en plus un vent de fraîcheur grâce à son cynisme toujours drôle permettant de dédramatiser les pires situations et de nous faire patienter.

Il faut réellement attendre les trois derniers épisodes pour que The Handmaid’s Tale gagne en intensité et nous offre son final le plus explosif. C’est ce qui justifie une note aussi haute pour notre critique. Sortez vos mouchoirs vous ne sortirez pas indemnes de cet épisode palpitant et émotionnel au possible.

Vivement la suite dans un an. Espérons tout de même que les showrunners seront être raisonnables et n’iront pas jusqu’à 10 saisons de The Handmaid’s Tale, comme le souhaiterait le directeur d’Hulu, Randy Freer.

Avis

8 On attend encore mieux
  • User Ratings (5 Votes) 8

About Author

Marie

Leave A Reply