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Accueil - Critique La Corde au cou : sur le fil du condamné
Critique La Corde au cou : sur le fil du condamné
©Metropolitan Films
Cinéma

Critique La Corde au cou : sur le fil du condamné

Charley Charley9 avril 2026Aucun commentaireIl vous reste 4 minutes à lireUpdated:17 avril 2026
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La Corde au cou (Dead Man’s Wire en VO) est le nouveau film de Gus Van Sant (Will Hunting, Elephant), porté par Bill Skarsgård, Dacre Montgomery et Colman Domingo. Retraçant l’histoire vraie de la prise d’otage orchestrée par Tony Kiritsis dans les années 70, ce thriller s’avère aussi scolaire qu’appliqué !

La Corde au Cou prend la forme d’un thriller « true crime« , se déroulant pendant deux journées. En effet, et il s’agit bien d’une histoire vraie, Tony Kiritsis se rend à l’accueil d’une société de prêt le matin du 8 février 1977 dans l’Indianapolis. Désireux de de s’entretenir encore une fois avec le patron pour cause de contrat non tenu, Kiritsis se retrouve à son grand désarroi face au fils Richard Hall. Ce faisant, Tony va le prend en otage 63 heures durant au moyen d’un curieux dispositif : le fil du condamné !

Critique La Corde au cou : sur le fil du condamné
©Metropolitan Films

Reliant le dit fil autour de son propre cou, de la détente d’un fusil à pompe et de la tête de son otage, Tony va ensuite s’engager dans un véritable bras de fer avec la police, l’opinion générale et la radio locale pour faire valoir ses droits. Le tout dans un huis-clos au cœur du domicile de sa victime, menaçant à chaque instant de faire sauter la tête de l’otage s’il n’obtient pas parfaite réparation à hauteur de plusieurs millions de dollars.

Histoire vraie sur le fil

Bref, La Corde au cou a tout du sujet sensationnaliste et véritablement haut en couleurs, si bien qu’on se demande comment une telle histoire vraie n’a pas été adaptée en long-métrage plus tôt ! Et au-delà de ce questionnement, le récit de Kiritsis trouve une résonance ne perdant rien de sa force évocatrice…. du moins sur le papier !

Car en l’état, le réalisateur Gus Van Sant (qui avait d’ailleurs réussi admirablement à retranscrire la noirceur du massacre de Columbine) s’attaque à sujet purement américain à nouveau. Dès ses premières minutes, La Corde au cou place son duo principal au centre de tous les enjeux, impeccablement porté par Bill Skarsgård (on ne présente plus l’acteur de Grippe-Sou) pour camper le fameux prolo qu’est Kiritsis, et le trop rare Dacre Montgomery (Stranger Things) grimé en fils à papa avec une épée de Damoclès sur sa tête.

Critique La Corde au cou : sur le fil du condamné
©Metropolitan Films

Et outre les instants de tension qui émanent des joutes verbales de ce duo, le métrage s’attarde également sur les points de vue périphérique en entonnoir. Le patron de la radio locale (un Colman Domingo toujours aussi suave), la police (Cary Elwes), une reporter (Myha’la) ou encore le fameux big boss corporate interprété par Al Pacino, tous apportent une pincée de contexte supplémentaire dans le but d’appréhender l’ampleur derrière ce fait divers.

On retiendra surtout l’apport de ce dernier dans la dramaturgie globale de La Corde au cou, débutant comme un thriller pur jus sauce 70’s (outre la production design et les costumes, la BO nous abreuve de quelques titres funky d’époque dans le but d’ancrer le film dans son temps) avant d’aller vers une dénonciation sans réelle ambiguïté vis-à-vis d’un capitalisme carnassier.

Manque de véracité ?

Une trajectoire contestataire cohérente, qui animait le geste spectaculaire de Kiritsis après que les prêt promis pour ouvrir son établissement ne l’obligent à s’endetter jusqu’au cou. Hors, en empruntant ce sentier, La Corde au cou amenuise le caractère ambigu, et au final épineux, de toute cette affaire. Kiritsis était-il doué de raison ou son acte relève de la pure psychiatrie ? Un questionnement que le film n’a même pas le temps d’exploiter dans sa peinture du fameux homme derrière la gâchette, jouant sur le caractère psychopathique au premier abord pour lequel Bill est désormais connu.

Critique La Corde au cou : sur le fil du condamné
©Metropolitan Films

L’acteur est bon, et même sans la ressemblance physique avec le réel Kiristsis, capte que chaque séquence et chaque photogramme par son intensité. Mais l’autre facette tiendra dans le fait qu’à aucun instant le spectateur n »achètera véritablement cet homme vendu comme un bon citoyen sous tout rapport. Délit de faciès ? Peut-être, tant l’acteur suédois n’incarne pas véritablement le « everyday man » américain de prime abord. On est ainsi loin d’un bon col bleu se devant d’être la voix de l’Amérique du peuple !

Sans doute le défaut de La Corde au cou, dont le reste du déroulé consiste à être dans l’illustration des évènements, jusqu’à un épilogue tranchant partie sur qui est véritablement l’anti-héros du récit. Point de nuances ou de contre-balance, surtout quand on connait le futur de Kiritis à l’issue de ces évènements. Occasion manquée sans doute, mais pas de quoi ternir l’efficacité relative de ce petit thriller bien tenu et au casting réussi !

La Corde au cou sortira au cinéma le 15 avril 2026

avis

6.5 prise d'otage sans bavure

La Corde au cou est un petit thriller illustré par un Gus Van Sant avant tout intéressé par le caractère sensationnaliste de la prise d'otage de Kiritsis, plutôt qu'à sonder l'ambivalence morale derrière les actes de ce qui était la personnification du col rond américain. En résulte un divertissement soigné et au cast impliqué, bien que moralement plus propre sur lui que ce qu'il laissait présager !

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