Mayday débarque aujourd’hui sur AppleTV. Cette nouvelle comédie signée Jonathan Goldstein & John Francis Daley (Donjons & Dragons – l’honneur des voleurs) prenant place en pleine Guerre Froide se veut être un buddy movie plaisant avec Ryan Reynolds et Kenneth Branagh…. pendant une bonne heure !
Mayday pourrait ressembler de prime abord à n’importe quelle nouvelle production impliquant un Ryan Reynolds en joyeux luron : Free Guy, Red Notice, Spirited… L’acteur canadien est devenu son propre rôle depuis Deadpool ! Pourtant, cette production Apple tournée en 2024 est signée au scénario et à la réalisation par un duo de talent.

Jonathan Goldstein et John Francis Daley sont en effet friands de comédies, et on leur doit le réussi Game Night, ou encore le récent bide injustifié de Donjons & Dragons – L’honneur des voleurs. Et avant de les voir revigorer les coursives de l’USS Enterprise, les bougres signent ici un vrai buddy movie avec du fond.
Un américain et un russe sont dans un bar…
Nous sommes en 1987, alors que la Guerre Froide gronde toujours entre le bloc Ouest et Est. Troy Kelly (Ryan Reynolds), un pilote surdoué de l’US Air Force est ainsi mandaté par la CIA de faire voler un avion espion en plein territoire URSS. Malheureusement, l’appareil est abattu en plein air, et Troy se retrouve parachuté en pleine nature enneigée. Il sera ainsi recueilli par Nikolai Ustinov (Kenneth Branagh), un ex-responsable du KGB désormais fan de la culture américaine. Ensemble, ils vont devoir collaborer pour échapper aux forces du gouvernement…
Mayday a ainsi un pur canevas de buddy movie, qui fonctionne admirablement dans sa présentation de personnages et le lancement de son intrigue. En terme de technique, on sent les limites budgétaires lors de certains set pieces, à commencer par le crash d’avion lançant l’intrigue. Pour autant, la mise en scène précise et constamment inspirée de Goldstein-Daley parvient à rendre le tout efficace, y compris lorsqu’il s’agit de transformer Mayday en film d’action.

Et à ce titre, Kenneth Branagh vole littéralement la vedette à chacune de ses apparitions, accent russe et dégaine de gentil bûcheron compris. De quoi jouer sur plusieurs facettes d’un personnage de badass repenti, capable de filer des torgnoles sans effort tout en ayant une bonhommie certaine. On retiendra particulièrement cette première séquence de baston dans un bar (très évocatrice de Kingsman), autant qu’une scène d’infiltration contrariée par la survenue d’un adultère.
Mayday, on a perdu la seconde heure
Bref, Mayday réussit globalement à viser juste dans ses intentions, y compris dans la caractérisation de l’antagoniste joué par Marcin Dorociński. La narration oscille ainsi entre humour, action et portée dramatique, culminant dans son acmé via un passage de course-poursuite à bord d’un train peuplé de soldats rouges. De quoi laisser passer les quelques heurts de Mayday, à savoir un Ryan Reynolds bon, mais complètement anachronique dans son look et ses réactions.
Mais très vite, le bat blesse en terme de rythmique via une seconde heure se reposant sur ses lauriers. Comme dans un petit manuel du genre, le duo va ainsi devoir confronter leurs points de vue opposés pour s’allier dans une cause commune, mais également apprendre l’un de l’autre. Mayday est ainsi plus réussi pour ce qui est d’énoncer sa critique d’une société propagandiste (qu’elle soit totalitaire, ou plus insidieuse comme le démontre la manière de pointer Top Gun comme outil politique), que lorsqu’il faut travailler au corps la psyché personnelle des protagonistes.

Passé l’incorporation éclair de Maria Balakova en figure filiale fonctionnelle, Mayday fera l’erreur de ne pas bâtir progressivement un crescendo narratif tant dans ce qu’il à a raconter que pour l’élaboration de ses séquences. On se contentera d’une chouette scène en pleine parade à Moscou, se concluant via un pugilat à haute altitude : là encore, la dynamique du duo Kelly-Ustinov n’évoluera pas, impression renforcée par ce final annihilant l’embryon de pamphlet anti-impéraliste que le duo de réalisateurs semblait vouloir transmettre.
In fine, Mayday reste dans les clous du divertissement programmatique. Reste tout de même quelques saillies typiques du duo derrière la caméra, son duo d’acteurs attachants, et son parfum de buddy movie très 80’s.
Mayday est disponible sur AppleTV le 4 septembre 2026
Avec Mayday, le duo Goldstein-Daley prouve qu'ils n'ont rien perdu de leurs facultés à amener l'humour sans sacrifier le récit et l'incarnation de leurs personnages. Il sera donc dommage de voir que passée sa première heure franchement fun, ce buddy movie reposant surtout via la dynamique entre Ryan Reynolds et Kenneth Branagh peine à sortir d'un schéma programamtique au possible.
