Critique Falcon et le Soldat de l’Hiver saison 1 : Make the MCU great again please

Deuxième série du MCU, Falcon et le Soldat de l’Hiver revient aux poncifs de la franchise en mélangeant action sympathique et narration brouillonne.

Face un nouveau Captain America, Sam Wilson et Bucky Barnes tentent de redorer l’héritage de Steve Rogers tout en affrontant un groupe terroriste. La mini-série de six épisodes, Falcon et le Soldat de l’Hiver est le deuxième portage télévisuel de personnages secondaires de l’Univers Cinématographique Marvel après WandaVision, l’originalité en moins, le montage charcuté en plus.

Critique Falcon et le Soldat de l’Hiver saison 1 : Make the MCU great again please
©facebook/falconandwintersoldier

Créé par Malcolm Spellman et l’auteur, si on veut, de la franchise John Wick, Derek Kolstad, le show nous projette dans un buddy movie classique, pétri d’action bourrine tout en essayant, gentiment, d’aborder plusieurs problèmes sociétaux inhérents au système politique américain sans que cela ne serve véritablement le développement d’une série trop vite enfouie sous de multiples directions narratives qui en plus ne servent pas à grand-chose. Mais c’est sympatoche, parfait pour farmer gentiment sur Marvel Strike Force.

Captain my Captain !

En poursuivant l’arc dédié au Soldat de l’Hiver, la réalisatrice Kari Skogland, forte d’un style agressif illustré dans Banshee, Vikings, FTWD ou Condor, propose donc une nouvelle itération d’un thriller aux ramifications politiques. Bucky et l’Agent Carter (la petite fille) cherchent la rédemption pour leurs méfaits passés tandis que Falcon se heurte à la ségrégation raciale américaine en Floride. Des poncifs qui fonctionnent mais paraissent très artificiels en regard du peu d’influence qu’ils auront sur l’intrigue générale. Emily Vancamp nous sort un rebondissement prévisible, Bucky se met à sourire et Falcon évolue, prenant sous son aile (tu l’as ?) le destin d’une Amérique conservatrice.

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De cette dernière ligne directrice, s’articule la meilleure partie de Falcon et le Soldat de l’Hiver qui évoque la place des soldats afro-américains, sacrifiés mais jamais honorés. Un héritage couvert de honte de la part d’une société ostracisante et qui raisonne d’une actualité toujours aussi révoltante. Pourtant bien amené, le propos n’éclatera jamais comme le plaidoyer qu’on pouvait attendre, à l’image d’un discours final confondant de naïveté et de démagogie. Mais ceci permet l’envol d’un protagoniste qui n’a pas grand-chose à raconter mais dont l’issue scénaristique débouchera sur un prochain film Captain America, donc pourquoi pas.

A ce titre, on note que les antagonistes se taillent la part du lion. Sauf la jeune Erin Kellyman, qu’on aime bien mais qui ne sert qu’à personnifier une couche narrative pourtant prépondérante mais un peu inutile. Non, nous on aime Baron Zemo, Daniel Brühl forever, puisque son personnage prend le rôle de l’anti-héros classe et philosophe même s’il ne revêt son masque que pendant 30 secondes. Quant au faux Captain America joué par le talentueux Wyatt Russel, le bonhomme s’offre une storyline intéressante où l’on comprend son emportement dans ce qui restera comme le meilleur climax de la série. Sauf qu’à l’image d’un final tout pété, trop éparpillé entre chacun de ses arcs scénaristiques, la narration se prend les pieds dans le tapis faisant du méchant un personnage repenti en seulement quelques minutes.

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Symptomatique des villains du MCU vous me direz. Et vous auriez raison. Tout comme le style du thriller empreinte directement la suite du ton du film Winter Soldier, nos bons Falcon et le Soldat de l’Hiver copient surtout la réalisation épileptique et le montage erratique si caractéristique du style des frères Russo. Les séquences d’action sont illisibles car trop coupées, les décors tournent généralement des entrepôts désaffectés aux lofts avec baies vitrées. Ça se veut généreux mais ça reste trop gentil, sagement cantonné à de menues revendications sages sans que les patates ne viennent réellement casser beaucoup d’os.

Falcon et le Soldat de l’Hiver se regarde et le développement de Bucky aux côtés de Zemo ou l’héritage du Captain America propose de sympathiques moments, mais on reste dans une série trop codifiée, trop anecdotique pour devenir la nouvelle pierre angulaire du MCU.

Falcon et le Soldat de l’Hiver est disponible sur Disney+

Avis

6 gentille
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About Author

Entre deux passages sur le billard pour ressembler à l’arme X, ce créateur marginal allie réalisation et graphisme à l’écriture pour s’évader vers une galaxie lointaine. À l’affut de toute image mouvante, sa passion pour le cinéma et les séries ne s’estompe que pour fragguer quelques noobs.

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