Après avoir intelligemment lancé l’intrigue policière de Lanterns et distillé un mystère inter-galactique dans ses 2 premiers épisodes, ce 3e segment nommé « Outkast » et réalisé par Stephen Williams (Watchmen) nous raconte l’histoire de John Stewart !
Lanterns nous abreuve cette semaine d’un petit pas de côté. Ou plutôt un pas en arrière après le pilote et un épisode 2 réalisés par James Hawes (Slow Horses). Cette fois, Stephen Williams (le superbe épisode en noir & blanc de Watchmen) prend la barre pour nous éclairer concernant l’origin story de John Stewart (Aaron Pierre). Et comme pour ses précédentes réalisations, le metteur en scène y amène aussi ses obsessions et sa sensibilité en nous contant la vie de cette famille afro-américaine hautement singulière.

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Opérant sur différentes timelines, cet épisode est avant tout centré autour d’un entretien entre John et une Gardienne de la Galaxie (Laura Linney). Cette séquence se déroule en 1996, deux mois avant l’enquête de Rushville : l’occasion pour nous de découvrir plusieurs flash-backs au gré de cet entretien !
Le sacrifice ultime
Tout débute en 1986, la nuit où Hal Jordan fut choisi pour être le Green Lantern de la terre. Lanterns parvient à offrir un regard hautement original en remaniant les origines de John : son père a en effet été choisi comme un des candidats pour recevoir l’anneau, mais a répondu qu’il était effrayé en se retrouvant dans la bulle d’énergie verte des Gardiens. Ce faisant, Hal (l’homme sans peur !) a pu acquérir l’uniforme. Un évènement qui traumatisera évidemment la famille Stewart, en particulier le père voyant cela comme un cuisant échec.
Le personnage de Laura Linney débarque ensuite chez les Stewart devant Bernie (Jasmine Cephas Jones est parfaite dans le rôle), la mère de John. Après avoir révélé sa véritable nature extra-terrestre (on devine la figure bleue et longiligne des Gardiens !), la Gardienne s’excuse d’avoir engendré le stress post-traumatique de John Sr. en leur offrant un diamant, et que leur fils pourra sans doute être un candidat pour l’anneau lorsqu’il sera plus âgé.

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De quoi profondément impacter la vie de ce dernier, tandis que ses parents voient en cela une opportunité et un moyen de sortir de leur condition pour ne plus dépendre de personne. Cet épisode de Lanterns transpire ainsi la patte de Stephen Williams, en incorporant tout un pan culturel et contexte inhérent à la voix afro-américaine d’époque. Malheureusement, John sera élevé et conditionné tel un spartiate pour assurer ce futur sur les décennies suivantes.
Devenir moins humain pour défendre les humains
Nouveaux flash-backs : John enfant reçoit un déguisement de Green Lantern, est formé au tir à la carabine et à ne jamais ressentir la peur. Le show parvient à marcher sur une corde raide en montrant des figures paternelles souhaitant inculquer de vraies valeurs à leurs enfants en pourvoyant à leurs besoins, mais dérivant vers des cimes psychologiques extrêmement rigoristes pour assurer un futur à leur lignée (le parallèle avec les enfants-stars n’est sans doute pas loin !). Mention spéciale à cette scène où ils abandonnent John en pleine nuit sur la route pour qu’il retrouve le chemin de la maison seul, ou encore cette séquence où il tire sur une cible (une pomme) sur la tête de sa mère !

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Après cette période de l’enfance (où on apprend la passion de John pour le dessin, et le fait que les oiseaux sont des espions des Gardiens censés surveiller son avancée), l’épisode 3 de Lanterns nous présente la (courte) carrière militaire du personnage une fois adulte. En effet, le show nous présente une mission de sniper embusqué en Russie, alors que John doit éliminer une cible en 2015.
Un modèle de présentation de personnage
Après plusieurs jours d’attente, la mission échoue à cause de Hal Jordan, qui débarque en explosant le manoir et en capturant la cible. Pour éviter un incident diplomatique, John Stewart porte le blâme seul et quitte le Corps des Marines. Lanterns réussit admirablement à offrir une caractérisation méthodique et stoïque du personnage (le choix d’en faire un tireur comme mise à distance émotionnelle d’autrui est donc pertinente, en contraste avec le caractère fougueux de Hal).
Retour en 2016 : John décide de faire ce qui lui plait en s’engageant dans une prestigieuse école d’architecture. Lors de l’entretien, il se retrouve finalement face à un Gardien lui demandant de dessiner de mémoire la façade du building. Ce faisant il lui tend un anneau pour matérialiser la montre de son père. Là encore le contraste entre John (capable de créer des constructs plus complexes et élaborés) et Hal (allant à l’essentiel avec les pouvoirs de l’anneau) est saisissant, renforçant le contraste inhérent au buddy cop. C’est ainsi que John se retrouve face au personnage de Laura Linney, et devient le protégé de Hal… à son grand dam car peu enclin à se laisser remplacé !
