Blue Reflection Quartet compile les quatre jeux de la licence pour une expérience ultime dans son univers fantasy.
Blue Reflection Quartet regroupe tous les opus de cette saga peu connue de Koei Tecmo (Ninja Gaiden, Dynasty Warriors, Atelier…). Pour cause, elle s’adresse à un public assez niche, amateur de JRPG pointus. Les quatre jeux reposent sur le même principe : nous suivons les pérégrinations d’un groupe de lycéennes, toujours scolarisées dans la même école (permettant de recycler les décors entre les jeux, malin !). Comme les personnages sont ainsi majoritairement féminins, les thèmes du jeu se focalisent alors sur les émotions, les sentiments (en d’autres termes, de beaux stéréotypes de genre). Par groupes de 3 ou 4, elles explorent le Common, un lieu magique créé par agrégation de tous les inconscients de la population mondiale. Elles y plongent pour le purger des mauvaises énergies, c’est-à-dire des émotions négatives de certaines personnes, qui compromettent l’équilibre du lieu.
Les jeux sont le reflet de l’âme
Blue Reflection Quartet met un point d’honneur à déployer des histoires denses et profondes. Les jeux se focalisent sur leur narration pour tisser les liens entre les personnages, dévoiler leur histoire et résoudre leurs conflits. Et la principale force de la compilation réside dans cette même recherche narrative. Loin de se révéler redondants, nous observons une belle gradation et une complexification entre les titres. Le premier se veut assez confidentiel, avec peu de personnages et peu d’enjeux. Le deuxième (adapté de l’anime éponyme), explore plus en profondeur les liens d’amitié. Le troisième se montre plus convenu, car nous pilotons une équipe spéciale d’extermination de monstres (un peu comme dans God Eater ou L’attaque des Titans). Et le quatrième se déroule dans un monde post-apocalyptique.

Dès lors, les passages narratifs ont bénéficié d’une attention particulière, bien plus que les séquences de jeu. Puisqu’il faut compter environ 30/40 heures par titre, ça en fait du blabla ! Les cinématiques sont alors extrêmement généreuses (parfois un peu trop) et entièrement doublées (attention, audio seulement en japonais et sous titres uniquement en anglais). En outre, leurs graphismes soignés en font clairement le dernier beau jeu amené à sortir sur notre bonne vieille Switch 1. Et la bande-son au piano très douce, versant dans la délicatesse de Chopin ou de Yoko Shimomura (Kingdom Hearts) pour rester dans le thème des jeux vidéo, parachève de conférer un cachet unique à cette série peu connue.
Réflexion écartée
Hélas, le gameplay a pâti de ce déséquilibre de budget alloué. S’il diffère légèrement entre les opus, il repose toujours sur la même base : le tour par tour basé sur la vitesse. Blue reflection 1 est le plus simple, mais aussi le plus efficace. S’il manque un peu de challenge car notre équipe régénère tous ses points de vie et de magie après chaque combat, il est le meilleur à prendre en main. Il s’agit de jauger entre les différentes vitesses et puissances d’attaques pour jongler entre attaques lourdes mais lentes, ou faibles et rapides, en fonction de l’état de la force de l’ennemi. Notre équipe débloquant rapidement pléthore de sorts, cette approche stratégique en sera tout autant renouvelée.

En revanche, Sun et Second Light se révèlent bien plus brouillons (il n’y a pas de combats dans Ray). Les filles ayant à peu près la même vitesse, elles attaquent en même temps. Donc pas le temps de configurer manuellement toutes les attaques, que le jeu passe déjà nos coéquipières en mode automatique… Puis, désactiver le mode auto prend tellement de temps, que trois tours seront déjà passés. Le comble réside dans le fait que nous n’avons pas vraiment le temps de bien comprendre le système de jeu, car les combats se font rares. Ce déséquilibre peut créer une frustration tout à fait légitime. Car si les monstres ne sont franchement pas recherchés, le gameplay l’est un peu plus. Il n’y a guère que le dernier jeu qui arrive à trouver un bon équilibre entre exploration, passages narratifs, craft, amitiés et combats.
Sentiments pas forcément partagés
Blue Reflection Quartet rentre définitivement dans la catégorie des jeux japonais niche. Il faut absolument aimer les visual novel, malgré son sujet intéressant, car il est effectivement bien rare qu’une saga aborde aussi profondément la grande question des sentiments humains. Si ces conditions ne sont pas réunies, la frustration de ne pas pouvoir beaucoup jouer peut vite prendre le pas sur le plaisir de découvrir ce bel univers. En revanche, si vous êtes déjà attiré par cette catégorie de jeux, vous pourrez y aller les yeux fermés. Vous vivrez l’une de vos plus belles aventures de l’été (voire de l’année) !
La compilation de quatre jeux Blue Reflection Quartet est sortie le 30 juillet 2026 sur PS5, PC et Switch 1 & 2.
Avis
Blue Reflection Quartet ne pourra séduire qu'un public qui est déjà habitué aux expériences japonaises de niche, en raison de sa densité narrative. Bien que particulièrement élaborée et soignée, elle prend souvent le pas sur le jeu. Ce qui peut créer une frustration d'autant plus importante que les gameplay sont tout aussi recherchés. Mais les passages joués des deux premiers titres se font un peu trop rares pour en exploiter à fond toutes les mécaniques. Seul le dernier a atteint la maturation nécessaire pour proposer une expérience parfaitement équilibrée entre narration et jeu.
- Scénario
- Durée
- Gameplay
- Graphismes
- Bande-son
