L’Île des Souvenirs est le nouveau film d’animation Dreamworks par les papas du Chat Potté 2. De quoi à nouveau offrir une petite pépite d’animation, pour une histoire d’amitié prenant place dans un monde folklorique issu de la culture philippine.
L’Île des Souvenirs semble sortir dans un certain anonymat de la part du grand public. Sans doute la preuve que Dreamworks et Universal ne savent pas réellement comment vendre cette proposition qui dénote avec Shrek, Dragons ou encore Madagascar. Pourtant, il s’agit du nouveau film de Joel Crawford & Januel Mercado, le duo derrière l’ébouriffant Le Chat Potté 2. En cela tombe, ce « Forgotten Island » puise ses racines dans leur propre amitié.

© Universal
Dans un superbe prologue prenant place aux Philippines dans les 80’s, le spectateur découvre la jeune Josephine « Jo » Yuson (H.E.R. en VO, et Manon Bresch en VF). Cette garçon-manqué solitaire expose en classe une histoire que sa grand-mère lui contait : celle d’une île mythique nommée Nakalimutan, peuplée de créatures en tous genres, notamment la terrible démone Manananggal ! Moquée par les autres élèves, elle fera néanmoins la rencontre de Raissa Molina (Liza Soberano en VO, et Anaïde Rozam en VF), l’intello promise à un brillant avenir.
Les années passent, et autant de souvenirs sont collectionnés par les deux meilleures amies. Jusqu’au jour où leur chemin semble bifurquer pour de bon : là où Jo enchaîne les petits boulots au jour le jour, Raissa décroche une bourse à Caltech en Californie. Lors d’une ultime soirée à deux, les deux héroïnes se retrouvent projetées sur l’île de Nakali. Problème : elles se réveillent ensuite 12h plus tard sans aucun souvenir de leur séjour, ni moyen de rentrer chez elles ! Débute alors une quête pour découvrir ce qu’il s’est passé, et trouver la clé du passage-retour.
Very Bad Trip fantastico-philippin
Très vite, L’Île des Souvenirs transforme ses prémices en simili-Very Bad Trip. De quoi d’emblée aborder le vrai frein du film : après un superbe premier tiers (renvoyant même au meilleur de Pixar des années 2000 pour ce qui est de planter des personnages, un décor, des promesses et une évolution relationnelle par ellipse), le film déroule son postulat humoristique sans réel poids dramatique dans sa portion centrale.
Il faut l’admettre, L’Île des Souvenirs joue astucieusement de son tempo comique compte tenu du cadre culturel et de l’époque 90’s. Le doublage est d’excellente facture, tout comme l’écriture du duo : on sent le brainstorming de souvenirs des réalisateurs (et le bagage philippin de Mercado) pour rendre tangible le lien de Jo et Raissa. Cela passe par l’usage de références (Predator est directement cité à l’écran), de private jokes (allusions à MC Hammer, DMX ou bien Baha Men), et d’un trombinoscope de personnages secondaires.

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Ces derniers sont d’ailleurs plutôt inégaux, tant en terme d’importance au sein du récit (ce prince sirène rajouté gratuitement) que de designs (le chien-garou Raww est de loin le plus important, mais dénote en terme de chara design). On peut même noter la présence de ce peuple de nains-champignons (les Duwende) rappelant qu’on est dans une production Dreamworks grand public.
Claque visuelle
Et alors que l’intrigue enchaîne les situations de rencontres rocambolesque, le film parvient à se rattraper en recentrant son focus sur la relation principale mise à mal par un méchant impromptu collecteur de souvenirs. De quoi parvenir à une ultime partie riche en action, capable de mettre en avant le travail hallucinant qui a été fait en terme de fabrication et de mise en scène.
C’est simple : L’Île des Souvenirs est sans nul doute (avec les Spider-Verse) ce qui se fait de plus virtuose dans le cinéma d’animation américain. On connaissait déjà les expérimentations 2D/3D orchestrées avec Le Chat Potté 2, et c’est pas moins de 3 studios (avec Sony Imageworks et Stipple Animation) qui ont mis la main à la patte ici pour aller plus loin encore. De quoi amener un vrai style hyperbolique hérité des codes graphiques du manga/japanim’ (dont des expressions à la Sailor Moon), jusque dans des segments flash-backs à la Dragon Ball/Street Fighter.

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Un pur bonheur pour les yeux et le féru d’animation donc, alors que l’Île des souvenirs parvient également à proposer des trésors picturaux via la figure de Mananangal, telle une chauve-souris se mouvant avec vélocité. Et si la finalité du métrage laisse peu de place à la surprise, le tout transpire la sincérité pour ce qui est d’exploiter les fondations d’une amitié durable. Une nouvelle bonne pioche donc !
L’Île des Souvenirs sortira au cinéma le 21 octobre 2026
avis
Même s'il accuse d'une portion centrale plus kinétique qu'incarnée dans sa narration, L'Île des Souvenirs peut se targuer de proposer une des plus belles démonstrations de mise en scène et de virtuosité via son animation servant à la fois la caractérisation de ses truculents personnages, et ses diverses séquences ébouriffantes. Le duo derrière le Chat Potté 2 confirme donc qu'ils sont les réalisateurs à suivre au sein de l'écurie Dreamworks.
