En cinq saisons (dont une saison par an, ce qui est assez fou pour être souligné), Slow Horses, diffusée sur Apple TV+ est de ces petites claques télévisuelles dont on raffole. Avant la saison 6, retour sur cinq années de missions menées avec une efficacité très relative.
Avant de plonger, petite mise au point. Slough House (traduit par l’Étable en VF), est le purgatoire du MI5 où sont envoyés les agents qui ont trop merdé (mais pas assez pour être virés) pour rester au siège véritable, le Regent’s Park, dénommé sobrement le Park. À leur tête, Jackson Lamb (Gary Oldman), espion brillant enfoui sous plusieurs couches de mauvaise humeur, de nicotine et de chaussettes sales. Autour de lui s’agitent River Cartwright (Jack Lowden), Catherine Standish (Saskia Reeves), Louisa Guy (Rosalind Eleazar), Roddy Ho (Christopher Chung) et autres bras cassés qui finissent régulièrement par sauver la mise.
Saison 1 de Slow Horses
River atterrit à Slough House après avoir foiré un exercice antiterroriste, même si son échec doit beaucoup à Spider Webb (Freddie Fox) un rival de River, et Diana Taverner (Kristin Scott Thomas), la matriarche du show et accessoirement numéro deux du MI5.
L’équipe se retrouve bientôt mêlée à l’enlèvement d’Hassan, un jeune musulman capturé par des militants d’extrême droite mais l’affaire cache en réalité une opération clandestine du MI5 montée par Taverner et qui est complètement partie en vrille (l’affaire, pas Taverner). River sauve Hassan, Sid Baker (Olivia Cooke) est grièvement blessée et l’on découvre que Lamb a autrefois tué Charles Partner, ancien patron de Standish, sur ordre de David Cartwright (Jonathan Pryce), le grand-père de River. C’est compliqué les affaires de famille.
Slow Horses pose déjà sa meilleure idée mine de rien avec une première saison autocentrée, pour mieux nous présenter ses personnages et établir le postulat suivant : le danger vient certes de l’extérieur, mais surtout de l’intérieur. Beware les ennemis du MI5 mais aussi le MI5 lui-même.
Saison 2
La mort suspecte d’un ancien agent remet sur la table une vieille histoire de cicadas (des cigales aka le nom de code des agents dormants), des espions russes infiltrés au Royaume-Uni depuis la Guerre froide.
Pendant que River enquête, Louisa et Min Harper remontent la piste d’un mystérieux Pashkin mais Min y laissera sa peau et Louisa sa naïveté. Pourtant, une fausse attaque aérienne sur Londres sert finalement de diversion à un vol visant la fortune d’un oligarque russe. Lamb comprend que Nikolai Katinsky, supposé vieux transfuge, tirait en réalité les ficelles.
Slow Horses confirme ici son statut presque anthologique, proposant une intrigue totalement différente de la première, tout en offrant une belle continuité à ses personnages. On change de décor, ici la guerre froide et les iconiques situations à la James Bond (tout notre soutient à Jack Lowden d’ailleurs), mais resserré sur Slough House.
Saison 3
On commence cette saison 3 avec le kidnapping de Standish. River doit pénétrer dans le Park pour la retrouver alors que le MI5 pense à un exercice de sécurité organisé par la société Chieftain.
Raté. Sean Donovan veut en fait faire éclater la vérité sur Footprint, une opération illégale du MI5 à Istanbul, qui a débouché sur la mort de sa compagne Alison. Ingrid Tearney, patronne du service, tente d’étouffer l’affaire pendant que Taverner profite du chaos pour la faire tomber et tenter de prendre sa place. Spider meurt, River récupère les preuves et finit par les divulguer.
Une nouvelle proposition pertinente pour recentrer les antagonistes et pointer cette fois du doigts les manipulations politiques et carriéristes des agents. Du grand art, tout simplement.
Saison 4
River est directement concerné par cette nouvelle saison puisque son grand-père David, dont la mémoire décline, abat un homme venu chez lui en croyant tuer River par erreur.
Celui-ci part en France et découvre Frank Harkness (Hugo Weaving), ancien de la CIA devenu mercenaire, qui a élevé ses propres fils pour en faire des assassins. Et surtout, Frank est son père biologique. Marcus meurt en défendant l’Étable, Harkness parvient à faire chanter le MI5 et River finit par placer son grand-père en résidence spécialisée.
Sous les fusillades, c’est peut-être la saison la plus émouvante, entièrement construite autour de l’héritage, de la vieillesse et des familles dysfonctionnelles, celles qui laissent des traces.
Saison 5 de Slow Horses
Le plus improbable arrive : Roddy Ho a une petite amie. Spoiler : Tara est évidemment beaucoup trop bien pour lui. Pas de bol : elle est liée à une série d’attaques coordonnées visant à déstabiliser Londres.
Elle infiltre le Park et neutralise ses systèmes pendant qu’un groupe terroriste prépare un massacre. River, Shirley et Coe empêchent l’attaque, avant que Claude Whelan (James Callis) tente de fermer Slough House. Mauvaise idée. Lamb possède suffisamment de dossiers compromettants pour retourner la situation et Diana Taverner finit par prendre la tête du MI5. Tout le monde gagne !
Plus simple que les précédentes, cette saison 5 développe ses personnages et extrapole un peu certains gags pour offrir une nouvelle réussite où les pièces du grand échiquier se mettent doucement, et définitivement en place. Même si ça sent le calme avant la tempête !
La saison 6
Cette fois, la série devrait changer un peu de formule puisqu’elle adapte deux romans d’un coup, Joe Country et Slough House. D’après ce qu’on en sait, les anciens de Slough House eux-mêmes se retrouvent traqués et éliminés un par un, pendant que Taverner embarque toute l’équipe dans une histoire de représailles qui sent mauvais. Vite, on veut voir la saison 6 !!!
