Critique The Father : Anthony Hopkins plus humain que jamais

En lice pour les Oscars, The Father fait partie des films qu’il faut voir dès la réouverture des cinémas.

Nommé dans la catégorie meilleur film, meilleur acteur (Anthony Hopkins), meilleure actrice dans un second rôle (Olivia Colman), meilleur scénario adapté, meilleurs décors et direction artistique, et meilleur montage, le long métrage du Français Florian Zeller a suffisamment de potentiel pour rafler quelques récompenses dans sa course aux Oscars.

Mais pour cela, rien ne sert de courir, il faut partir à point. The Father ne se précipite pas et emmène lentement le spectateur dans les souvenirs embués et mélangés du personnage d’Anthony Hopkins atteint de démence (peut-être Alzheimer, même si la maladie n’est jamais citée). Les scènes sont mises bout à bout sans cohérence chronologique; en tout cas à première vue. Il faut attendre quelques dizaines de minutes pour commencer à entrevoir une vue d’ensemble.

Critique The Father : Anthony Hopkins plus humain que jamais
©Lionsgate

Cependant le long métrage ne proposera jamais de vérité pure car, si le film s’éclaircit à mesure que les minutes passent, les scénaristes laissent sciemment quelques zones d’ombre; le spectateur étant limité par la mémoire altérée du protagoniste principal. The Father est donc à vivre comme une expérience unique et presque onirique. Une approche a priori surprenante mais qui se révèle être le choix parfait pour traiter au mieux la dimension intime de la démence.

Du très très grand Anthony Hopkins

Tantôt charmant, tantôt odieux, le personnage principal, en proie aux caprices de sa mémoire, vacille d’un état à un autre et aboutit – en apothéose – par nous dévoiler toute sa vulnérabilité. Le réalisateur et co-scénariste avait nommé son protagoniste Anthony car il rêvait de voir Anthony Hopkins l’interpréter. C’est chose faite et on n’imagine personne d’autre dans le rôle. L’acteur, habitué des plateaux de tournage, n’a pas fini de nous surprendre en prouvant une fois de plus tout son talent à travers une justesse de jeu à peine croyable.

Critique The Father : Anthony Hopkins plus humain que jamais
©Lionsgate

La scène finale restera (sans mauvais jeu de mots) longtemps gravée dans les mémoires. Outre la performance de son acteur principal, c’est toute une réflexion sur la vie et la condition humaine qui est proposée par Florian Zeller. Pour pinailler, on regrettera le choix du réalisateur de quitter le huis clos pour son dernier plan, dans le seul but d’offrir un poncif sur le cycle de la vie qui détonne de la qualité du reste de l’œuvre (et qui n’existait probablement pas dans la version théâtrale).

Néanmoins, à défaut d’avoir pu voir la pièce Le Père, on se contentera du film The Father déjà proposé en VOD aux Etats-Unis, mais qu’on espère bientôt disponible dans les cinémas français pour que chacun puisse le découvrir.

The Father devrait sortir à la réouverture des cinémas.

Avis

9 Brillant
  • User Ratings (5 Votes) 4.1

About Author

Ne sachant pas faire le café, son rêve de devenir un jour l’assistante personnelle de Jessica Chastain s’est envolé. Depuis cette terrible désillusion, elle cantonne le cinéma au pur divertissement et réserve ses critiques aux films Netflix et séries en tout genre (ou presque).

Leave A Reply