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Accueil - Critique The Contractor : Black Ops qui débourne
Critique The Contractor : Black Ops qui débourne
© Paramount Pictures
Cinéma

Critique The Contractor : Black Ops qui débourne

Charley Charley23 avril 2022Aucun commentaireIl vous reste 5 minutes à lire
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The Contractor (ou « Le Contracteur ») est un nouveau thriller d’action-espionnage produit initialement par la Paramount, mais refourgué directement sur Amazon Prime après avoir été laissé en stand-bye. Sorti en catimini,il s’agit néanmoins d’un semi-blockbuster porté par Chris Pine (Star Trek, Wonder Woman) et avec Tarik Saleh (Le Caire confidentiel) aux commandes. Verdict ?

Nous en avions eu l’exemple en 2021 avec Without Remorse (ou « Sans Aucun Remords » dans notre belle contrée), mais Paramount a fait pas mal d’écrémage dans son line-up de sorties. Alors que Top Gun ou Sonic ont droit à une promo descente et aux salles de cinéma, les films plus petits sortent directement en streaming (Amazon en l’occurrence). Parmi ces sorties, The Contractor en est la plus récente !

Tout comme Without Remorse, il s’agit d’un thriller d’espionnage musclé porté par une star, et chapeauté par un talentueux cinéaste européen. Tourné en 2019, le projet aura été laissé en stand-bye suivant les incertitudes liées au contexte sanitaire, et c’est 2 ans et demi plus tard que nous pouvons découvrir le résultat. Un métrage cruellement ambivalent où il y a à boire et à manger, malgré de vraies faiblesses d’écriture et d’intentions !

Critique The Contractor : Black Ops qui débourne
© Paramount Pictures

The Contractor nous place donc aux côtés de James Harper, un membre des forces spéciales spécialisé en tant qu’infirmier, et de retour au pays après une blessure au genou. Désireux de subvenir aux besoins de sa famille et croulant sous les dettes, ce dernier voit son monde s’écrouler alors qu’il est renvoyé pour usage de stupéfiants à visée curative. C’est alors que via un ami proche, James va rejoindre un groupe paramilitaire privé dirigé par un vétéran. Le but : opérer des missions sous couverture par ordre direct du haut gouvernement.

Bourne Impossible

Lorsque une opération en Allemagne tourne mal (afin de contrer un acte bio-terroriste d’une branche d’Al-Qaïda), Harper va se retrouver seul et traqué. Une lutte pour sa survie s’enclenche donc, avec comme finalité de trouver les raisons de ceux qui l’ont trahi ! Un pitch de base classique mais efficace, alors que notre héros blessé sera la cible de mercenaires en pays étranger. L’occasion donc d’aborder le caractère bicéphale de The Contractor, coincé entre le Tom Clancy réchauffé, la Steven Seagalerie régressive et le divertissement carré.

Critique The Contractor : Black Ops qui débourne
© Paramount Pictures

Alors que le métrage pose (relativement efficacement et sans chichi) les bases du pitch, l’idée saugrenue de retrouver un vieux copain nous caresse : le fameux « film de yakayos » ! En effet, le décorum full-Americana à base de petite bourgade où le drapeau US est accroché devant chaque devanture, où on récite le bénédicité avant de souper et où on doit dessouder du terroriste arabo-musulman pour la mère-patrie a de quoi faire sourire devant le sérieux ambiant. Mais passé ce canevas de base, The Contractor court-circuite un tantinet ce programme alors qu’intervient l’élément perturbateur du récit. Une rupture qui questionne la quête d’Harper, désormais seul contre tous.

C’est pas ma guerre !

Ainsi, le tout prend des allures de poursuite Jason Bournesque pas franchement déplaisante. Chris Pine fait le job efficacement, alors que Tarik Saleh tente d’insuffler un tantinet de sa patine dans cette entreprise balisée (le scénario ne surprendra personne a priori). Harper a beau être un badass motherfucker, The Contractor nous rappelle à intervalles réguliers sa fragilité via sa blessure constante. De quoi mettre en avant l’incertitude de l’issue ou bien le déroulé des séquences d’action, alors que le héros doit avant tout user de son intelligence plutôt que de tirer dans le tas comme un veau.

De plus, malgré un Kiefer Sutherland (24h Chrono) venu prendre le chèque pour 3 scènes déguisé en bucheron adepte de M16, on pourra noter un Ben Foster toujours bien impliqué (avec qui Chris Pine avait déjà tourné dans le très bon Comancheria), un Fares Fares (acteur fétiche du réalisateur) en personnage de chercheur moins cliché que ce qui nous est vendu, ou encore un Eddie Marsan (Un Homme en Colère) dont la courte apparition offre une plaisante séquence de respiration et d’humanité.

Critique The Contractor : Black Ops qui débourne
© Paramount Pictures

Néanmoins, cette approche n’est pas le credo appliqué de manière générale sur l’ensemble d’un film curieusement très court (1h40). Ce que l’on gagne en efficacité immédiate, on le perd grandement en terme de développement des enjeux, des personnages ou bien dans l’exploitation du setting. Le gros du film se passe soit-disant à Berlin, mais ces rues tournées en Roumanie ne tromperont finalement personne (malgré un budget relativement confortable de 50-60 millions de dollars). Un constat dommageable, d’autant qu’on tente de varier les plaisirs à base de gunfights forestiers, séquence de survie sous-marine, cassage de bouches en égouts ou encore un climax bourrin mais trop court pour en être totalement satisfait.

The Contractor ou Yakayo 1/2

Alors malgré cette production et ces vélléités de thriller-actioner méga classique, que reste-t-il de The Contractor ? Tarik Saleh a sans doute été dépossédé voire piloté, on retrouve néanmoins un certain savoir-faire dans la mise en scène globale (toujours lisible dans les séquences d’action par ailleurs) via un regard plutôt éloigné de l’américano-centrisme. Malgré une facture visuelle numérique quelconque, le cinéaste tente de garder la tête hors de l’eau via quelques séquences plus singulières (ces passages en flash-back ou encore cette séquence de vision ou la forêt se mue en jungle post-Vietnam).

En résulte donc un actioner d’espionnage totalement dispensable ceci dit, heureusement carré et allant à l’essentiel via quelques séquences pêchues et un bon casting. Malheureusement, et malgré quelques moments de tension efficients, on défiera quiconque de ne pas oublier le tout quelques heures plus tard, malgré le caractère peu déplaisant du visionnage. Contrat moyennement rempli donc !

The Contractor est disponible sur Amazon Prime depuis le 4 avril 2022

avis

5.5 Mi-figue mi-bourrin

Pourtant mis en scène par un bon réalisateur, The Contractor souffre d'un script aux codes siphonnés depuis 3 décennies, et d'un manque de biscuit narratif assez flagrant. Pur produit de commande

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