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Accueil - Critique Adieu les cons : Société, tu m’auras pas
Adieu les cons :
© Manchester Films
Cinéma

Critique Adieu les cons : Société, tu m’auras pas

Kantain Kantain22 octobre 2020Aucun commentaireIl vous reste 3 minutes à lireUpdated:22 octobre 2020
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Adieu les cons voit Albert Dupontel revenir à un scénario original après le succès d’Au revoir là-haut, son adaptation de Pierre Lemaître. Pour une comédie noire et révoltée.

Adieu les cons est le septième long-métrage de l’acteur, réalisateur et scénariste Albert Dupontel qui continue de tracer un chemin à part dans notre cinéma hexagonal. Révélé par le coup de poing Bernie, Dupontel n’a en effet eu de cesse dans un cinéma cartoonesque et ambitieux de faire de chacun de ses longs-métrages un évènement à la fois cinéphile et populaire.

Adieu les cons :
© Manchester Films

Depuis son précédent Au revoir là haut, la comédie déjantée se teinte cependant d’un ton volontiers plus engagé et d’un regard beaucoup plus amer sur notre société contemporaine, chose appuyée par cet Adieu les cons qui suit parfaitement le sillon tracé par son prédécesseur.

Au revoir les cons

Parce que si Le Vilain et 9 mois ferme masquaient derrière leur jouissif délire de sale gosse une profonde tendresse, Adieu les cons marque sa noire radicalité de protagonistes soumis à une irrémédiable fatalité. Cette dernière se trouve incarnée par une entreprise carnassière et déshumanisée pour JB, quinquagénaire en plein burn-out incarné par Albert Dupontel himself et une maladie irrémédiable pour Suze Trappet, portée par l’impériale Virgine Efira. Ayant tous deux trouvé refuge dans un travail qui leur a volé leur vie, ils trouveront sur leur chemin Mr. Blin, archiviste rendu aveugle par une bavure policière. Si le véritable point de rencontre des deux principaux protagonistes s’opère sur un rond-point, il ne demeure cependant qu’un indice révélateur de la comédie révoltée que sera Adieu les cons.

Adieu les cons :
© Manchester Films

Eclairé par la superbe photographie d’Alexis Kavyrchine, le septième film d’Albert Dupontel se déroulera dans des décors illustrant à merveille une société en proie à une déshumanisation rapace. Des lieux d’antan remplacés par des gratte-ciels froids et une police aveugle ne voyant que dans un simple employé sans histoire qu’un terroriste frustré, le film épouse à merveille la noble quête des protagonistes, comme une lumière dans un tunnel sans fin, uniquement éclairé par la lumière que ce trio incarne. Si le film s’avère être une déclaration d’amour aux bonheurs perdus, broyés dans cette grande machine qu’est notre société actuelle, Adieu les cons l’est aussi pour Virginie Efira qui trouve une nouvelle fois un écrin idéal pour son monstrueux talent.

Virginie, et fissa

L’actrice illumine véritablement le film, qui même dans ses longueurs peut compter sur son indéfectible optimisme, ici habillé d’un pull-over et d’escarpins rouge. Véritable éclat redonnant la foi à deux protagonistes laissés sur le carreau, son personnage les guidera dans une quête qui tentera de redonner tant bien que mal des couleurs à une vie terne et désespérée. Parce qu’Adieu les cons, c’est elle, véritable lueur d’espoir dans cette jungle où les individus ne paraissent être que des employés interchangeables enchaînés à leur poste de travail qui n’auront pour vivre que le rayon de soleil à travers la fenêtre de leur petit bureau.

Passant par moults expérimentations visuelle en plus de sa superbe mise en scène pour crier sa révolte, Adieu les cons est un cri noir et désespéré, comédie énervée et véritable grand film français de cette année compliquée. Albert Dupontel livre un film fort et engagé et ouvre la fenêtre d’un cinéma français parfois trop guindé pour un courant d’air glacial et bienvenu.

Adieu les cons est sorti le 21 octobre.

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