[Critique] Bon Iver : 22, A Million ou le folk 2.0

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Chemise à carreaux, barbe hirsute et guitare en bandoulière : au premier abord, Justin Vernon aka Bon Iver (du français « Bon Hiver’) a tout du folkeux typique. Adoubé dès son premier album en 2008 comme chantre du folk moderne, l’américain n’a eu de cesse de rompre avec une image bien trop réductrice de son œuvre. 22, A Million, son troisième album en date, est le résultat de cette volonté, ambitieuse, de dépasser le champ classique du folk et de la pop en générale.

Mélancolique. S’extirpant d’une profonde dépression, suite au succès coup sur coup de ses deux albums, Docteur Vernon Mister Iver a su traduire ces émotions de la plus belle des façons dans 22, A Million. L’album, multipliant les collages sonores et les complaintes vocales au vocoder, reflète le chaos de l’esprit tourmenté de l’artiste.

Folk du futur. Le Bon Iver renaissant est électronique, novateur, parfois excessif dans le traitement sonore accordé aux morceaux. Bien loin de la folk minimaliste et écorchée de ses deux précédents efforts, Vernon se reconstruit par la déconstruction sonore à grands coups de fréquences cachées et de bandes magnétiques érodées. On retrouve par touches l’odeur familière des forêts du Wisconsin (d’où il est originaire), distillé avec sensibilité et douceur dans une ambiance futuriste pénétrante. Un des albums de l’année.

22, A Million de Bon Iver, sorti le 30 septembre 2016.

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À propos de l'auteur

Bronco

Si je suis chargé de la critique de galettes en tout genre, cinéma et musique forment les deux mamelles de ma culture. D'Abba à Zappa, d'Alien à Zoolander, tout y passe, rien (ou presque) ne trépasse.

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