Test Alba – A Wild Adventure : Dora contre la mafia

Alba, ou Alba: A Wild Adventure, ou encore Alba : Un Été en Terre Sauvage est un Poké-walk Snap Simulator développé par Ustwo Games et édité par eux-même ainsi que PID Publishing pour sa version PC tout du moins. Vous y dirigez l’adorable Alba – la Macgyver locale et enfant terrible – et êtes chargés de sauver la réserve naturelle de votre petite île méditerranéenne.

Si dans l’immédiat cela devrait rappeler un certain Carto, les similitudes s’arrêtent là. Carto était un point and click presque puzzle game, Alba est un jeu d’exploration aux légers accents narratifs. Cela induit un jeu plus dépouillé – parfois jusqu’au simplisme  -, que ce soit pour l’écriture ou le gameplay, mais ne vous inquiétez pas, nous y reviendrons.

Alba à la plage

Ce qui devrait vous sauter aux yeux avant même de réaliser qu’il s’agit du dernier jeu des créateurs de Monument Valley, c’est qu’Alba est un charmant morceau de soleil dans ce monde de brutes. Son style laisse parler ses formes et ses couleurs, loin du photoréalisme où tout se mélange, l’île est le fort joli cadre que mérite votre aventure.

© Ustwo Games

On sent aussi un certain soin pour lier le tout au travers d’un espace cohérent et vraisemblable, depuis l’asymétrie des lieux et des objets, jusqu’à la présence d’un urbanisme disgracieux, abandonné et détérioré. Une idylle réaliste, aux multiples détails servant ses aspects fonctionnels. Des vergers d’orangers, des petits canaux, un glacier, des poubelles pour les détritus sur les promenades… on sent une envie de nous faire croire à cette petite île. De loin le microcosme semble faire parfaitement sens. L’île est un espace de jeu bien pensé, que l’on ne va avoir de cesse de s’approprier durant les quelques heures – 3 environ – en sa compagnie.

© Ustwo Games

Alba fait partie de ces Open World digestibles qui offrent tous les bénéfices du monde ouvert, notamment ce petit zeste de liberté et de vent dans les cheveux. Surtout que l’osmose méditerranée, vacances, exploration et safari fait de suite son petit effet. Une fois le stick poussé et la marche bondissante d’Alba débutée, difficile d’en décrocher. On reste charmé par tant de légèreté et d’insouciance communiquées dans une simple animation de marche.

Simplissime

Voir Alba – le jeu – en mouvement est donc un vrai plaisir et on en oublierait presque qu’il est également disponible sur smartphone. La réalisation technique, que ce soit pour l’emballage visuel, les animations – à quelques détails près -, la musique, le sound design et jusqu’au menu d’options, tout ou presque est digne d’un jeu natif PC.

Là où on peut cependant commencer à voir les stigmates de ce développement cross platform, c’est sur ce qui touche au game design. Si le game feel est lui, exemplaire, il n’y a pas un brin de rigidité à se mouvoir, il y a en revanche de multiples occasions manquées niveau possibilités de jeu. On sent parfois son “scope”, ses ambitions nous revenir en pleine figure, un jeu simple, parfois même simpliste pour une expérience de salon. Rappelons que le jeu est vendu 16 euros.

Un si grand soleil

L’écriture d’abord est un point de déception. Si quelques personnages et dialogues éclairés sauvent la mise, l’ensemble raconte ce que pourrait déjà raconter un épisode de Plus Belle La Vie, avec ce qu’il faut de bons sentiments et mallettes de billets pour basculer dans le ridicule sur le dernier acte. On regrettera l’écriture trop enfantine peut-être, qui sonne un peu creuse. Alba souffre largement de notre aventure sur le récent Carto, qui mine de rien touchait du doigt et de façon plus subtile un vrai champ thématique. Ici on baigne dans un premier degré latent, qui empile les poncifs, comme le flyer poussif de son île fictive.

© Ustwo Games

On déplorera aussi quelques faux-semblants dans son ouverture spatiale. Alba balise trop de moments. Si le jeu a l’amabilité de nous donner un guide de la faune locale façon Pokédex et de gentiment nous pousser à aller répertorier l’ensemble des espèces en les prenant en photo, il en reste que beaucoup de situations faussent le contrat. Combien de fois le jeu cachera-t-il volontairement la présence d’un animal pour ensuite le faire intervenir dans une simili quête ? Trop de fois, ou assez du moins pour nous agacer.

C’est dommage parce que les meilleurs moments d’Alba sont ceux que l’on se fait en explorant, appareil photo à la main, fouillant les moindres parcelles de cet impeccable terrain de balade. Ces instants où l’on capture l’image d’un volatile rare en le repérant au son qu’il produit comptent parmi ce qu’Alba fait de mieux. Il y a plus de micro aventures dans ces moments de jeu que dans n’importe laquelle de ses sections calibrées et automatiques où tout se joue pour nous, comme sur un rail. Tout le passage dans les ruines du château en est le meilleur exemple, le jeu simule et déroule un tapis rouge ; il désamorce des plaisirs qu’il sait pourtant, quand il s’en donne la peine, synthétiser.

© Ustwo Games

Malgré cela, ne vous y trompez pas, Alba reste cet îlot de réconfort au milieu de ce début d’année morose, un titre agréable, qui bien que parfois rattrapé par certaines simplifications liées à ses supports – et peut-être aussi à son public – reste solide pour ce que l’on en attendait : s’évader et prendre des photos de canards. Au même prix cependant, on vous conseillera de vous tourner vers Carto.

Alba est disponible depuis le 11 décembre sur iOS, Mac et PC et le sera courant 2021 sur Nintendo Switch, Playstation 4, Playstation 5, Xbox One et Xbox Series.

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Avis

6 Rafraîchissant

Testé dans sa version PC.

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BLUE

Amateur de thé vert, de jeux PC et joueur aux obédiences patentées, vous le trouverez sûrement penché sur un obscur puzzle game ou sur un forum à disserter d’ergonomie jusqu’à des heures indues. Si vous êtes d'accord avec lui, c’est certainement qu’il n’est pas d’accord avec vous.

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