Critique I Feel Good : utopie en demi-teinte

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Rares sont les cinéastes à présenter en France une filmographie aussi singulière et réussie que celle de Gustave Kervern et Benoit Delépine. Après nous avoir remué avec Saint Amour, les voilà s’intéressant avec I Feel Good à une communauté Emmaüs dans le sud-ouest de la France. C’est là que Jacques, maître de la fainéantise, retrouve sa sœur Monique avec une idée absurde : offrir aux « petites gens » une chirurgie low-cost.

Dujardin show. La fantaisie la plus excitante de ce projet : sortir Jean Dujardin de sa zone de confort en lui confiant le rôle d’un excentrique salaud sans le savoir. Belle idée, qui tourne au vinaigre quand la (quasi) entièreté du film ne fait que multiplier les scénettes sans enjeu dramatique, où le personnage met mal à l’aise les personnes avec qui il échange. L’acteur, brillant au demeurant, finit par épuiser par son omniprésence.

Une belle utopie. Ce qu’on ne peut pas enlever à ce I Feel Good vient de ce qui a toujours été au cœur du cinéma de Kervern-Delépine : faire des marginaux des héros, seuls dignes représentants de l’humain. Grâce à une formidable galerie de seconds rôles et à une pirouette finale lourde de sens, I Feel Good rejoint sans panache mais dignement la liste à (re)découvrir d’urgence de cet important duo de cinéastes.

I Feel Good sort le 26 septembre 2018.

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Avis

5.5 Un peu décevant
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À propos de l'auteur

Emyr Phœnix

Shooté au cinéma depuis son plus jeune âge, c’est avec une insatiable curiosité qu’il guette le prochain rubis filmique susceptible d’être révélé. Même si ça ressemble à une aiguille dans une botte de foin.

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