[Critique] Tabac Rouge, Thiérrée droit dans le coeur

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Assister à une création de James Thiérrée est une expérience sans aucune commune mesure. D’abord parce que le petit-fils de Charlie Chaplin, devenu chef de troupe, chorégraphe, danseur hors pair et comédien accompli, ne produit que peu de spectacles. Ensuite et surtout parce qu’il décuple l’essence des sentiments avec des outils de scène gracieux, comme l’inouïe flexibilité de ses fidèles danseuses et danseurs.

Avec Tabac Rouge, il jette son projecteur sur un roi qui ne supporte plus sa condition ni son propre reflet de tyran, sentiment incarné par l’immense structure métallique composée de miroirs qui se déplace sur scène. Sa rébellion muette est l’occasion pour Thiérrée de remettre à jour son art du décalage physique et du puzzle recomposé via une tonalité plus sombre qu’à l’accoutumée, dans un noir et rouge crépusculaire.

Oscillant entre l’opératique et la mélancolie sourde (que vient renforcer une sublime partition signée M), Thiérrée emporte son spectateur dans un tourbillon des sens et offre une des plus magnifiques créations scéniques de ces dernières années, qui va jusqu’à interpeller nos propres fêlures. Un choc.

Tabac Rouge se joue jusqu’au 1er Mars 2014 au Théâtre de la Ville.

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