[Critique] Nebraska, excuse de la réconciliation

Alexander Payne est un cinéaste souvent quelque peu omis des classements, comme si son travail provoquait moins l’engouement que ses confrères. C’est plutôt que ce cinéaste majeur affirme sa personnalité dans des œuvres pudiques, au confluent de la drôlerie humaine et de sa bouleversante pudeur. Nebraska n’en est qu’une étape supplémentaire.

Tourné dans un sublime noir & blanc, son dernier bébé narre le parcours de Woody Grant, retraité taiseux dont l’obsession est de récupérer un million de dollars promis par une arnaque épistolaire. Aidé par l’un de ses deux fils, celui-ci va être amené à voir son passé ressurgir… ou presque. Car Payne évite une fois de plus tous les écueils attendus et laisse planer un mystère sur le lourd passif de ses personnages. Plus mature qu’avec Monsieur Schmidt (autre road-movie familial), le récit ne se cache plus des défauts de chaque protagoniste et radiographie la faiblesse humaine avec un humour quelque peu tragique.

Et quand en fin de parcours l’émotion, soulignée par la prestation transfigurée de Bruce Dern, vous étreint sans mièvrerie feinte ni emphase déplacée, on se dit vraiment que Payne et son Nebraska sont de ces œuvres précieuses qu’on a hâte de faire (re)découvrir. Une fois de plus.

Nebraska sort le 2 Avril 2014 dans les salles françaises.

Avis

9 Magistral
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