[Critique] La Danseuse, une rêverie hors du temps

Premier film de la réalisatrice Stéphanie Di Giusto, La Danseuse a fait sensation au dernier Festival de Cannes.

Le corps. S’attachant à mettre en images la vie de Loïe Fuller, artiste avant-gardiste de la Belle Époque, la réalisatrice cherche le mouvement des corps. Pendant de fascinantes scènes de danse, sorte de rêveries hors du temps à l’esthétique travaillée, on touche du doigt l’idéal de la beauté… et de la cruauté. Littéralement habité, le personnage est pris dans un ballet autodestructeur où la chair et l’âme restent marquées. La mise en scène est intense, l’œuvre puissante.

Non-dit. L’interprétation sauvage et habitée de Soko de cet esprit libre et jusqu’au boutiste répond à celle plus en retenue mais tout en grâce et manipulation de Lily-Rose Depp. Les deux actrices sont magnétiques mettant complètement à l’arrière-plan un Gaspard Ulliel caricatural et presque fade. Un juste retour des choses pour un personnage rajouté inutilement afin de tempérer l’homosexualité de la vraie Loïe. De là réside le seul défaut du film : une fois la scène quittée arrive la pudeur, le non-dit et malheureusement, le non-montré.

Opéra de grâce et de sensualité que quelques maladresses scénaristique ne viennent pas ternir, La Danseuse est à la hauteur de l’ambition.

La Danseuse sort en salles le 28 septembre 2016.

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Avis

8.5 Danse, danse, danse !
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