[Critique] L’Astragale se heurte à un os…

Parce que rien n’agace plus un cinéaste que l’absence de liberté dans son art, Brigitte Sy a mené le sien dans l’espace confiné d’une cellule avec son premier long métrage Les mains libres. Et parce que c’est en prison qu’elle a connu ses premiers émois artistiques, la cinéaste ne semble pas vouloir lâcher le morceau. Réaliser l’adaptation du roman de Albertine Sarrazin, L’Astragale, apparaissait donc comme une évidence.

Une évidence qui se poursuit sous les traits d’une fugitive, dont la blessure renvoie à l’impossibilité de jouir de cette liberté fantasmée et éphémère que la caméra saisit à la volée sans accrocher la douleur. Leïla Bekhti émeut par sa fragilité mêlée d ‘insolence, et d’incertitude. Elle forme avec Reda Kateb, l’un de ses beaux couples malmenés dans une réalité que le noir et blanc consume dans une facture trop lisse.

Liberté d’aimer et de disposer de son corps, liberté de fuir et d’échapper aux conventions, les mots de Albertine Sarrazin, font agréablement scintiller le regard d’une actrice dont tout le talent ne suffit pas à faire passer l’émotion. Un handicap que cet Astragale brisé, meurtri dans l’attente, pousse jusqu’à l’ennui.

L’Astragale sort le 8 avril 2015.

Avis

5,5 Beau mais sans émotion
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