Critique Blackbird : Drame ankylosé

Blackbird convoque un trio de grandes actrices pour nous parler d’un sujet grave et éminemment actuel autour d’une réunion de famille. Pour un drame bancal cependant réhaussé par son formidable casting.

Blackbird suit ainsi la réunion familiale de trois générations, organisée par Lily et son mari Paul où cette dernière espère vivre ses derniers heureux instants entourés de ceux qu’elles aiment avant une mort qu’elle a souhaitée.

Critique Blackbird :
© Magna Entertainment, Millennium Media

Blackbird est un film important. Parce qu’il questionne le droit à la mort et se trouve porté par des actrices véritablement engagées, le film de Roger Michell arrive à point nommé dans un pays où cette pratique demeure toujours illégale, questionnant avec intelligence un sujet éminemment lourd en proposant cependant un drame qui cède rapidement à d’évidentes lacunes.

Drame mieli-mélo

Et le film de Roger Michell n’est pourtant pas passé loin de la réussite espérée. Habillé par une mise en scène sans artifices misant sur les silences rythmant à merveille ce calme fragile toujours proche de l’implosion des retrouvailles familiales, les mimiques du réalisateur viennent cependant rapidement alourdir ce drame au sujet fort d’abord traité avec une noble sincérité pour sombrer dans le pathos.

Critique Blackbird :
© Magna Entertainment, Millennium Media

De cet air de violon intrusif et répétitif, ajoutant un ton lacrymal coupant net avec les trop rares et pourtant superbes moments de flottements du film, le scénario de Christian Torpe fait pâtir ce sensible équilibre avec des traumas de personnages s’enchaînant sans temps mort, faisant vriller Blackbird vers le film larmoyant, loupant de près le coche d’un drame sec et juste.

Acteurs de haute volée

Il reste cependant au film son immense casting. Loin des stéréotypes, Susan Sarandon, Kate Winslet, Mia Wasichowska, Sam Neil et même Rainn Wilson (le culte Dwight Shrute de The Office), parviennent à habiller tout en sensibilité ce film fragile qu’ils réhaussent de leurs prestations sincères et impliquées jusque dans de simples regards, véritables moments de grâce de Blackbird.

Parce que peu importe la direction incertaine que prend le film, le casting porte vers le haut ce sujet fort et fait exister au delà de la pellicule des personnages du quotidien en questionnant avec justesse leur affects et émotions enfouies. Peu importe que Roger Michell cherche à voir trop haut, Blackbird reste en tête grâce aux regards de ses personnages, eux bien terre à terre, porte-drapeaux d’une cause éminemment importante qui trouve entre leurs mains une résonance toute particulière.

Blackbird est sorti le 23 septembre.

Avis

6.5 Mieli-mélo
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Kantain

Cinéphile tout-terrain, mes quatre roues motrices me permettent une exploration culturelle loin des sentiers battus.

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