Critique Aquaman : James Wan nous emmerde et il ne s’en cache pas

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Aquaman c’est le film qu’on n’attendait pas (ou plus) à qui on a chargé de dire « hey, regarde, les super-héros DC sont encore cool  ! » avec la subtilité d’un mec bourré draguant à 2h du mat’.

Il faut comprendre une chose  : Aquaman n’a qu’un but, celui de laisser James Wan s’éclater comme un gosse. Dans l’idée on a un DCEU (pardon, Worlds of DC) qui tente de se reconstruire et veut faire avec l’Atlante ce qu’ils ont fait avec Wonder Woman, mais sans plus aucun complexe. Du coup, le réalisateur part en roue libre, fout littéralement Justice League sous le tapis et fait un doigt à tous ceux qui oseraient lui dire quelque chose, comme son héros, en fait.

Aquaman respire sous l’eau et boit la tasse

On plonge ainsi dans son délire nanaresque où le bonhomme pioche dans des décennies de pop culture, de space opéra, d’héroic fantasy, compile le tout et fout au milieu un scénario de série B où Arthur Curry tabasse du méchant au ralenti sur des riffs de guitare. Film sérieux idiot ou parodie trop premier degré  ? Le métrage est sûrement les deux à la fois, jouant de son ridicule comme de ses moments de grâce, un peu comme si tu réunissais Dolph Lundgren et Nicole Kidman sur une affiche… oh wait  !

Rien que visuellement, rarement on aura vu un film offrir tout et son contraire, chaque séquence majestueuse étant immédiatement suivie par un plan numérique bien dégueu avec des incrustations datées. On mange et on vomit inlassablement pendant presque 2h30 et, parce qu’il a le sens du rythme et qu’il nous propose des scènes d’action qui montent en puissance, Wan parvient cependant à nous maintenir affamés.

Bousin généreux

Parfois on se dit que l’état d’esprit peut faire beaucoup. Là où le mélange des genres chez Venom laissait un arrière-goût de caca dans la bouche tant ça sentait le « on ne sait pas quoi faire et on s’en fout », ici, cette même fusion de style apparaît comme un « je sais ce que je fais, mais je m’en fous quand même ». Bien que le long-métrage soit bancal à tous les niveaux, on ne parvient pas à sentir le mauvais fond chez Wan (ou même la dépossession de son bien) qui veut juste nous livrer du grand spectacle sans s’imposer aucune limite.

Dès lors, on n’arrive presque pas à lui en vouloir lorsqu’il nous sert un scénario écrit avec les pieds, alignant les clichés, l’absence de construction des personnages et les raccourcis narratifs à la pelle. Pourquoi  ? Parce que derrière on sent bien que ce n’est qu’un prétexte à un nouveau morceau de bravoure épique à la mise en scène léchée. On surfe tellement entre vide abyssal et séquence WTF en mode Over The Top qu’on en fatiguerait presque par moment. On est dans la surenchère et il y a du bon comme du (très) mauvais.

Aquaman est un divertissement mal foutu, totalement ringard, mais qui fait preuve d’une telle générosité et d’une telle honnêteté dans son délire qu’on finit par l’aimer quand même un peu. Ce n’est pas le renouveau du DC Universe, néanmoins un samedi soir, avec les copains et quelques bières, on ne boudera pas notre plaisir.

Aquaman sort le 19 décembre 2018

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À propos de l'auteur

Allan Blanvillain

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