Cannes 2019 – Le bilan du palmarès

Après des années et des années à nous envoyer des pépites cinématographiques, le cinéma coréen est récompensé à sa juste valeur. Fort de ses grands cinéastes tels que Kim Jee-woon, Lee Chang-dong ou encore Park Chan-wook, il a enfin obtenu le Graal cannois pour le film Parasite, réalisé par Bong Joon-ho.

Mais outre cette consécration tardive, le palmarès délivré par le jury conduit par Alejandro González Iñárritu a fait la part belle à différents types de cinéma… Qui s’inscrivent systématiquement dans une thématique sociale ou politique. C’est le cas d’Atlantique, surprenant Grand prix de cette édition, qui parle de femmes qui ont vu leurs hommes partir du jour au lendemain pour émigrer. Si quelqu’un avait parié sur ça, il est riche.

Deux films ont eu le droit au prix du jury : Bacurau et Les Misérables. Cela montre que lorsqu’on coupe des têtes et qu’on met des cités à feu et à sang, on a des chances d’être entendu. Cela révèle aussi l’envie de donner de l’exposition à des œuvres hautement politiques.

Pour les autres lauriers, on retrouve les immortels frères Dardenne avec le prix de mise en scène – une récompense qui vient remplir leur étagère où il y a déjà deux Palmes, un Grand prix et un prix du scénario. D’ailleurs, ce dernier a été attribué un peu étrangement au Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma. Elle ne démérite certainement pas, mais il est surprenant que cette œuvre sur la peinture soit récompensée pour son écriture.

Enfin, il ne faut pas oublier les deux prix d’interprétation, l’un pour l’alter ego d’Almodovar, Antonio Banderas (amplement mérité), et l’autre qui a surpris tout le monde sauf moi, attribué à Emily Beecham (sensationnelle dans Little Joe).

Au final, à titre personnel, je me retrouve fort satisfait de ce palmarès qui, à l’instar d’un final de Game of Thrones, ne peut plaire à tout le monde. Je regrette tout de même l’absence du Lac aux oies sauvages de Diao Yinan ou encore d’Une vie cachée de Terrence Malick. Néanmoins, c’est bien la première fois que je vois le film le plus apprécié par le monde de la critique (Parasite) repartir avec la récompense suprême. Même s’il faut l’admettre, j’aurais bien rigolé si Kechiche avec son scandaleux Mektoub avait gagné. Au Festival de Cannes, on aime se plaindre du palmarès. Si on nous retire ce plaisir, que faire ?

En espérant que l’année prochaine soit un aussi bon cru avec de grands films, du scandale, du sexe, de la violence, de la politique et du social. La vie, quoi.

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Nicolas Diolez

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