[Test DVD] Charlie’s Country, injustice étrange(re)

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Il n’est pas nécessaire d’être au sujet des retrouvailles réelles entre Rolf de Heer, réalisateur, et David Gulpilil, acteur et co-scénariste, pour apprécier à sa juste valeur ce manifeste humaniste. Car il y a dans ce beau quinzième long-métrage suffisamment de silences inquiets à même de nourrir son audience occidentale d’une nécessaire remise en cause.

Dès un premier plan énigmatique, le réalisateur ne lâche plus Charlie, aborigène contraint au sein de son propre pays par un essaim de restrictions et de misère humaine. Il est le moteur d’un récit reposant sur une lente évolution d’un homme empli d’une colère rentrée qui émeut peu à peu. Son interprète livre en cela une prestation magistrale dont les contours autobiographiques renforcent le sentiment d’indignation.

En symbiose avec son décor australien parfois émerveillant, Rolf de Heer compose des cadres soignés et pertinents. La discrète partition pianotée insinue au creux d’un rythme exigeant une fragilité qui touche, alors même que l’apparente aridité du traitement pourra laisser certains sur la touche. Pourtant, quand le plus percutant des regards caméra met à nu une injuste détresse, on ne peut que saluer le geste.

Charlie’s Country est disponible en DVD dès le 2 Juin 2015.

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Avis

8.0 À (a)voir

Sa discrète sortie salles ne doit pas faire oublier que Charlie's Country était bel et bien l'un des films les plus honnêtes et émouvants de l'année dernière. Blaq Out, son éditeur, lui octroie une édition DVD à la hauteur. La pochette cartonnée est le premier pas d'une parution soignée. L'image si travaillée par son réalisateur résiste très bien aux limites du support DVD et s'impose comme une élégante redécouverte. Côté son, seule une bonne piste VO est présente et ceci pour le bien de tous si l'on se fie à la lange aborigène au coeur du projet.

Côté bonus, la première étape consiste en un livret de 16 pages fourni avec le boitier qui évoque déjà la portée autobiographique du projet. Mais le supplément merveilleux de ce DVD réside en une demi-heure passionnante et d'une sincérité fabuleuse délivrée par Rolf de Heer. Celui-ci revient sur la fascinante histoire qui le lie à son acteur principal et évoque sa manière non-égocentrée d'aborder les projets qu'il porte de sa naissance à sa sortie. Passionnant. Il manque peut-être, si nous devions être tatillon, l'expression de son acteur principal et mère du projet: David Gulpilil.

  • Film 8
  • Image 9
  • Son 8
  • Bonus 7
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À propos de l'auteur

Emyr Phœnix

Shooté au cinéma depuis son plus jeune âge, c’est avec une insatiable curiosité qu’il guette le prochain rubis filmique susceptible d’être révélé. Même si ça ressemble à une aiguille dans une botte de foin.

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