Test Elderborn : Du fromage et du jambon

Elderborn est un slasher à la première personne, pas de svelte fusil d’assaut pas plus que de scabreux lance-roquettes, il ne fait pas grand cas de tout ce genre d’arsenal inutilement compliqué. C’est un jeu offrant l’accès à des plaisirs plus simples : masse, glaive, marteau, lance… Ce genre de choses plus subtiles.

D’abord arrivé en accès anticipé en 2018, Elderborn est sorti de son cocon cette année, plus précisément en janvier dernier. Disponible aux alentours de 15€, le titre de Hyperstrange – également développeur de Crossbow Bloodnight, un simulateur de diplomatie dans le nom – concrétise-t-il ici ses idées faites de riffs et de sang ?

Elderborn ne s’y connait pas en chocolat

Tout d’abord, parlons emballage et papier alu.  Techniquement, si le jeu n’est pas hideux et que sa direction artistique propose quelques jolies choses sur le segment central, il faut admettre que l’état technique est moins reluisant. Sous cette carapace visuelle modeste mais loin d’être indigne se cachent des finitions minimes et une optimisation ratée. Des points nettement moins pardonnables pour le coup, puisqu’ils impactent le plaisir de jeu.

© Hyperstrange

Des problèmes de finition qui s’accompagnent aussi de certains pans un peu faiblards, à l’image de la partie musicale du titre. Un vague bruit de vent, deux ou trois bruits de casserole et nous voilà nous dit-on, plongé au cœur de la barbarie. L’ensemble sonore manque de présence et s’avère trop peu percutant. Pour peu que vous désactiviez les musiques – et je vous assure que l’idée vous traversera l’esprit -, l’effet de vide est saisissant. Notre temps passé sur Doom Eternal ne nous a peut-être pas fait le plus grand bien, en tout cas, l’écart de niveau – même si attendu – est assez sidérant. Tous les affrontements semblent baignés dans cette même nappe sonore peu inspirée et trop homogène, à quelques trop rares exceptions près.

Newborn

Nous le disions ci-dessus mais les faiblesses techniques et ce qui ressemble à une sortie précipitée viennent ternir l’ensemble du jeu. Par exemple, si au niveau mécanique les combats tiennent la route, la réalité du jeu elle, avec tous ses soucis de collisions, ses signaux peu clairs, ces animations étrangement coupées et liées, ses timings flottants… fait qu’en bout de course, souris en main, l’ensemble n’est ni précis ni gracieux.

© Hyperstrange

Autre exemple compromettant, cette fois-ci avec le dash. Le jeu comporte un système de progression donnant accès à, en tout, 9 compétences réparties dans 3 branches (santé, puissance d’attaque et vitesse d’attaque). Une des compétences qui nous faisait furieusement envie nous proposait de pouvoir dasher en l’air. Attirés par de bonnes réminiscences, nous nous sommes donc mis en tête de la débloquer. Quelle ne fut pas notre surprise de découvrir que notre personnage, doté des caractéristiques physiques d’un piano en plomb, tombait à pic en sortie de dash. Aucune notion d’inertie, de air control ou de momentum… un vrai gâchis.

Les concepts viables de Elderborn passent leur temps à se frotter à la médiocrité de leur concrétisation en jeu. Si tout n’est pas à jeter, loin de là, rien ne semble abouti et implémenté de façon valable, comme un accès anticipé en somme…

Au dessus des vieux volcans

Côté structure, le jeu se scinde en 3 chapitres. Le premier vous emmène dans un dédale de grottes, cavernes et autres tombeaux ; le second dans une cité abandonnée ; et le troisième dans une suite d’arènes censée tester votre maîtrise martiale. C’est avant tout dans le chapitre 2 que vous passerez le plus clair de vos 4-5 heures de jeu. Le premier est une sympathique entrée en matière qui après quelques instants d’espoir, désamorce sa promesse de metroidvania. Ce niveau reste cependant bien pensé et l’on ne s’attendait pas à trouver le level design à un tel niveau de qualité. D’autant qu’il est appuyé par un système à la “Dark Souls”, avec feux de camp et pertes d’XP. Ce qui a le mérite d’être une solution déjà plus inspirée que des checkpoints ou des sauvegardes manuelles, d’autant qu’ici, elle sied tout à fait.

© Hyperstrange

La grosse surprise est ce second acte étonnament ouvert et vertical, c’est un vrai petit plaisir en dépit de quelques confusions sur la façon de progresser. Dommage que le jeu s’arrête au moment où son level design commençait à devenir intéressant. L’expérience est expéditive, au point que le dernier niveau n’a même pas de boss – pour ce qu’on loupe… Une ligne droite, des stremons, une master sword et puis c’est marre.

Pressure to be Born

Sachez tout de même avant de conclure que le jeu a une histoire… Voilà. Cela dit, malgré des efforts palpables – des textes sont cachés ici et là, tentant vainement de nous expliquer le lore de tout ce barouf -, les cinématiques et doublages eux, sont plutôt médiocres. Le jeu se serait passé de tout ça, qu’il n’en aurait pas été moins bon. Son univers Conan-esque suffisait à le rendre sympathique sans qu’il ait à le mettre en mots ou en bouches.

En l’état, HyperStrange semble s’être pris les pieds dans le tapis et plutôt que d’assurer ses ambitions, a préféré livrer le jeu comme ça, moyen, mais pour pas trop cher. Même si les curieux se laisseront tenter, les autres devraient l’éviter autant que possible.

Elderborn est disponible en version finale sur PC depuis le 30 janvier 2020, mais également sur PS4, Xbox One et Nintendo Switch.

Avis

4 En chantier
  • Technique 3
  • Gameplay 5
  • Level Design 6
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