[Critique] La Randonnée, expérimentation australienne

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Plus de 40 ans et tout un système de production cinématographique séparent La Randonnée de Mad Max Fury Road. Pourtant, les deux films sont réalisés par deux australiens qui ont insufflés dans le cœur de leur projet l’âme follement désolée de leur pays d’origine. Loin des oripeaux d’une super-production testostéronée, Nicolas Roeg signe en plein 1971 une aventure poétique aux contours funèbres.

Très ancré dans son époque, Walkabout (titre d’origine désignant la marche solitaire des aborigènes) se présente en un puzzle visuel qui fait surgir à chaque coin de l’image une suggestion politique, une croche poétique ou même la nostalgie sauvage d’une nature spoliée. Éminemment stimulante, l’œuvre est aussi peu intelligible qu’elle est libre de toute contrainte et de tout dogme.

Pourtant, il y a au cœur de cette énigme quasi-expérimentale l’épopée lyrique de deux enfants insouciants face à une nature protéiforme. A l’inverse d’un discours peu subtil sur les méfaits de la civilisation, Roeg profite d’une musique emphatique pour raconter une véritable aventure et offrir à son audience une splendide carte postale du bush australien. Une œuvre riche et surprenante dont l’audace se fait rareté aujourd’hui.

La Randonnée ressort en copie neuve le 3 Juin au cinéma, alors même que Potemkine organise un crowfunding en l’honneur de Nicolas Roeg.

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À propos de l'auteur

Emyr Phœnix

Shooté au cinéma depuis son plus jeune âge, c’est avec une insatiable curiosité qu’il guette le prochain rubis filmique susceptible d’être révélé. Même si ça ressemble à une aiguille dans une botte de foin.

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