[Critique Blu-Ray] Night Fare, taxi fitness cherche têtards parisiens

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NDLR : Retrouvez notre test technique et celui des bonus en bas de l’article.

Il va falloir considérer Night Fare comme un cas à part. En raison de son économie réduite et de son postulat burné – un taxi « testostéroné » poursuit deux jeunes hommes au passé trouble -, cette production appartient au terrain déserté de la série B de genre 100% frenchie. Le jugement est d’ailleurs altéré dès l’introduction de nos deux têtards en chef, dont on comprend qu’une zone d’ombre tend leur relation.

Leur incapacité à déclencher l’empathie attendue tire sa source d’une écriture ayant la main lourde, résultante d’un tournage express. Ça et là pourtant surgit d’une mise en images acérée une ambiance nocturne délectable, héritière d’un cinéma d’épouvante empli de suggestions. Tout comme des effets de manche alourdissent paradoxalement quelques compositions aériennes.

Les séquences d’action battent le feu et la glace avec une inconsistance chronique. C’est alors que surgit le dénouement final. Soudainement, il surgit de ce magma d’intentions sincères une épaisseur inattendue. Celle-ci est aussi moralement répréhensible qu’elle fait pénétrer une mythologie fascinante au cœur du projet, et rappelle que Night Fare est aussi un objet pétri d’une ambition sans complexes, donc fascinante.

Night Fare sort demain en Blu-Ray, DVD & VOD. Un conseil : lisez en complément notre truculente critique parue lors de la sortie cinéma et qui ne fait pas de cadeau au film. Et choisissez votre camp en voyant par vous-même.

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Avis

8.1 À découvrir

Visuellement, Night Fare alterne entre des plongées nocturnes hypnotiques et un montage parfois inutilement pesant. Le Blu-Ray lui rend la pareille avec une précision chirurgicale, faisant presque de ce disque une véritable démo à part entière. Les couleurs sont pétillantes, le contraste a l'abri de tout reproche et la netteté à tout épreuve. Même son de cloche du côté du travail sonore, grande qualité du film et de son homologue bleuté. On rend grâce en passant à la musique d'Alexandre Cortès et à ses basses entraînantes.

Vous n’en aviez pas assez ? Vous vouliez tout savoir en peu de temps sur la conception bien particulière de ce projet atypique ? Alors les bonus sauront vous combler de satisfaction tant ils sont à la fois honnêtes et informatifs. Le making-of de 14 minutes rappellent la vidéo promotionnelle associée au projet Ulule de l’époque, lorsque le film avait fait appel au financement participatif et avait rencontré un succès certain. Le module est passionnant et fait aimer son équipe, à défaut de nous faire apprécier pleinement le film.

En huit minutes, « Les origines expliquées » détaillent avec une foultitude de précision le travail sur le dénouement final et son illustration dessinée. Pour tout amateur de technique cinématographique, voilà un précieux module.

Une plongée promotionnelle dans la projection exclusive au génial Max Linder Panorama et les bandes-annonces font office d’éléments dispensables. Un générique complet des Ululeurs ajoute à cette sensation de remplissage. On ne saurait tenir gré à l’éditeur d’avoir intégré ces éléments, particulièrement lorsqu’il nous reste encore à préciser qu’un commentaire audio du réalisateur se trouve dans les compléments. On appelle ça être généreux.

  • Film 5.5
  • Image 9
  • Son 9
  • Bonus 9
  • Votre avis (5 Vote) 6.2
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À propos de l'auteur

Emyr Phœnix

Shooté au cinéma depuis son plus jeune âge, c’est avec une insatiable curiosité qu’il guette le prochain rubis filmique susceptible d’être révélé. Même si ça ressemble à une aiguille dans une botte de foin.

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