[Critique] Comment c’est loin, comment c’est bien !

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Dans sa structure narrative charpentée avec application, Comment c’est loin agit comme un réflecteur publicitaire des Casseurs Flowters, auquel il va jusqu’à réserver quelques bulles illustratives. En quelques occasions, on décèle la maladresse de la transposition, qui consiste à donner vie à un album conceptuel sorti un an auparavant. Sauf qu’à l’envers du Allah d’Abd Al Malik, le premier long-métrage d’Orelsan est plus qu’un prolongement artistique, c’est une œuvre férocement attachante.

Dès les premières images, on pénètre dans l’atmosphère flemmarde de ces deux bras cassés de la loose, qui ont 24 heures pour donner vie à un single. Leur errance emprunte aux références affichées du genre tout en leur redonnant une fraîcheur nouvelle, tout à l’honneur d’une écriture multipliant les saillies légendaires et les mélodies mémorables. La distribution, amatrice, est pourtant admirable.

En offrant à chaque situation une irrésolution, le récit donne un peu plus de vérité à ce tableau pour le moins morne d’Orel et Gringe, qui font écho à nos échecs et à nos aspirations d’existants médiocres. Une émotion feutrée émerge alors, vibrant dans un élan final à la fois humble et grand. Un vrai instant de vérité, imparfait mais authentique.

Comment c’est loin sort le 09 Décembre 2015 en salles.

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Avis

7.5 Promesse
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À propos de l'auteur

Emyr Phœnix

Shooté au cinéma depuis son plus jeune âge, c’est avec une insatiable curiosité qu’il guette le prochain rubis filmique susceptible d’être révélé. Même si ça ressemble à une aiguille dans une botte de foin.

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