[Critique] Tale of Tales, sublime or not sublime

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Premier film de Cannes, premier débat à l’horizon. On ne se projetait pas Matteo Garrone – cinéaste remarqué à Cannes avec le très réaliste Gomorra – dans la peau du moqueur puéril des contes hollywoodiens modernes, gentiment remis avec Tale of Tales à leur place.

En traduisant par « le conte des contes », on met à jour un discours méta qui fait osciller le long-métrage entre la gaudriole bas du front et le grotesque le plus menaçant. Œuvre du contraire, le film est à la fois fascinant et stupide, merveilleux et ringard ou encore intimidant et boursouflé. Cette situation nait du jusqu’au boutisme dispersé de son réalisateur, capable d’insuffler une terreur mémorable à son bestiaire de l’horreur quand il ne singe pas la parodie avec une complaisance bien baveuse et un je m’en foutisme narratif.

Pourtant, on ne pourra guère reprocher à Garrone de ne pas faire preuve d’un sens aigu de la mise en images. Transposant avec une justesse unique le merveilleux cauchemardesque des contes pour enfants, le visuel inscrit dans la mémoire d’inoubliables images d’Epinal de cet univers si singulier et familier à la fois. Grande œuvre ou supercherie sans ombrages, il est difficile de dire ce que Tale of Tales est, si ce n’est une oeuvre unique.

Tale of Tales sort le 1er juillet 2015 en salles.

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À propos de l'auteur

Emyr Phœnix

Shooté au cinéma depuis son plus jeune âge, c’est avec une insatiable curiosité qu’il guette le prochain rubis filmique susceptible d’être révélé. Même si ça ressemble à une aiguille dans une botte de foin.

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