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Accueil - Critique ZeroZeroZero (mini-série) : quand la cocaïne fait parler la poudre
Critique Zerozerozero : quand la cocaïne fait parler la poudre
©Amazon Prime ©Sky Atlantic
Critiques

Critique ZeroZeroZero (mini-série) : quand la cocaïne fait parler la poudre

Charley Charley8 mars 2020Aucun commentaireIl vous reste 4 minutes à lireUpdated:7 septembre 2025
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ZeroZeroZero est la nouvelle production des créateurs de Gomorra, phénomène de la série mafieuse venue tout droit d’Italie. Mise en boîte par 3 réalisateurs et tournée dans 5 continents, cette co-production Sky Atlantic–Amazon Prime affiche son ambition d’entrée de jeu.

Adaptée du roman éponyme, dont le terme désigne l’état de la cocaïne pure, ZeroZeroZero nous invite dans le trafic mondial de drogue. Commençant dans les collines calabraises, nous faisons connaissance avec une mafia italienne, tenue par Don Minu La Piana. Au moment où on comprend les trahisons qui sont à l’œuvre, notamment de la part du petit-fils aspirant à la grandeur, nous faisons un tour au Mexique, où la fameuse poudre blanche est fabriquée. Guerres de gangs sanglantes, raids de l’armée et soldados ripoux n’ont pas le temps de nous faire reprendre notre souffle que nous découvrons la famille Lynwood, intermédiaires officiels entre Mexique et Italie grâce à leur maîtrise des voies maritimes.

Ambitieux et vertigineux donc, devant une série souhaitant nous faire comprendre cette route de la cocaïne et tous les rouages impliqués à divers endroits du globe. Sur les 3 continents, nous entendront une demi-douzaine de langages, du mexicain au calabrais en passant par le marocain, de quoi apporter une vraie authenticité à cette production, que l’on doit notamment à Stefano Sollima, responsable des 2 premiers épisodes (sur 8) !

Critique Zerozerozero : quand la cocaïne fait parler la poudre
©Amazon Prime ©Sky Atlantic

En effet, le réalisateur de Sicario 2, Suburra et également présent sur Gomorra, impose immédiatement un style viscéral. Que ce soient les accès de violence de fusillades avec victimes collatérales, de meurtres froids devant témoins ou bien à représenter les divers rapports de force entre les personnages, Sollima assure comme un chef. Via un montage particulièrement travaillé, il amène une mise en scène tantôt sèche, tantôt atmosphérique,avec une aisance que ne renierait pas le Michael Mann de Heat ou Hacker.

ZeroZeroZero est donc extrêmement prenant lors de ses 2 premiers épisodes, caractérisant à merveille les enjeux, les personnages et l’ambition de la série. On comprend très vite qu’un éternuement dans un pays peut avoir de graves conséquences à l’autre bout du monde, et la série ne renie pas d’aborder des terrains communs avec The Wire, Narcos ou Lord of War.

I’m not in love with the coco

Janus Metz et Joseph Trapero, un danois et un mexicain, complètent le triumvirat de metteurs en scène sur cette saison. Et si par la suite la série conserve toujours une rigueur de fabrication, ce changement se ressent fortement dès le 3e épisode. Ne bénéficiant plus de l’illustre italien, ZeroZeroZero devient par endroits plus attendue, avec un montage et une narration plus classique à mesure que le chemin des divers protagoniste avance. On pourrait presque se dire que Sollima s’est occupé du segment le plus intéressant comme rampe de lancement. On évite pas quelques clichés et baisses de régime en milieu de saison, comme lors de cet épisode 5 en proie à des djihadistes, parenthèse intéressante mais qui n’apporte finalement pas grand chose au récit.

Si la narration et la mise en scène paraissent plus balisées, le tout reste toujours solide et incarné, jusqu’aux épisodes de fin plutôt prenants, où la tension est utilisée avec efficacité. Une conclusion qui croise les 3 grandes lignes directrices que sont les fournisseurs, les acheteurs et les intermédiaires, avec aisance. Un début fort, un milieu avec ses hauts et bas, et un final réussi qui met un point final à chaque arc. De là à imaginer une saison 2, seul l’avenir le dira !

Critique Zerozerozero : quand la cocaïne fait parler la poudre
©Amazon Prime ©Sky Atlantic

En suivant une cargaison de 5 tonnes de cocaïne, ZeroZeroZero nous montre un sillage de mort inévitable, corrompant chaque personnage, contraint de faire ce qu’il y a de pire pour survivre. Un propos pas forcément inédit, mais tenu. Meurtres, trahisons, corruptions…rien n’est épargné dans cette série sombre et mature, à la production exemplaire et au casting impeccable.

Que ce soient les rares apparitions de Gabriel Byrne (Hérédité), les héritiers Dane DeHaan et Andrea Riseborough, ou bien les révélations Harold Torres en soldat mexicain tombant de plus en plus dans le crime, et Giuseppe De Domenico en prince mafieux en pleine déchéance, chaque acteur apporte du coffre aux personnages, bien que caractérisés et développés de manière inégale.

ZeroZeroZero nous gratifie d’une bonne saison, et de 2 épisodes absolument impeccables par Stefano Sollima. Si le ton, le propos ou les personnages complexes ne rebutent pas, nous conseillons de laisser une chance à cette série, parvenant à recréer des dynamiques sinistres mais réalistes avec une vraie authenticité. C’est de la bonne, tout simplement!

ZeroZeroZero est disponible sur Canal+ à partir du 9 mars 2020

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