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Accueil - Critique The Amazing Spider-Man : remise à zéro
Critique The Amazing Spider-Man : Remise à zéro
© Sony Pictures
Cinéma

Critique The Amazing Spider-Man : remise à zéro

Emeric Bispo Emeric Bispo13 décembre 2021Aucun commentaireIl vous reste 6 minutes à lireUpdated:2 juin 2022
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A quelques jours de la sortie de Spider-Man : No Way Home qui réunira très certainement les trois itérations cinématographiques de l’homme araignée, il est plus que temps de revenir sur toutes les péripéties du plus grand héros Marvel sur grand écran !

Alors que Spider-man 4 devait voir le jour toujours sous la houlette de Sam Raimi, comme en témoigne ce magnifique storyboard, son expérience sur le 3ème opus et les injonctions du studio ont poussé le réalisateur à abandonner le projet, suivi de près par Tobey Maguire. Mais les producteurs avaient bel et bien anticipé cette éventualité, c’est alors que le projet de reboot qu’ils avaient concocté dans le dos de Raimi vient à se concrétiser ! Naît la saga The Amazing Spider-Man, sous la houlette de Marc Webb. Un reboot mal aimé mais qui pourtant a beaucoup de mérite ! 

Critique The Amazing Spider-Man : Remise à zéro
© Sony Pictures

Parce que oui, les films de Sam Raimi ont beau avoir bouleversé et réinventé le genre en s’élevant parmi les œuvres cultes, ce reboot en a sous le capot et parvient même à corriger des défauts de la saga d’origine ! A commencer par le casting ! Cela ne plaira sûrement pas à beaucoup de nostalgiques, mais il est clair et net que le duo d’Andrew Garfield et Emma Stone surpasse, de très loin, Tobey Maguire et Kristen Dunst. L’acteur nominé aux Oscars pour The Social Network arrive à insuffler un vrai panache, une énergie positive au Tisseur tout en développant une palette d’émotions, là où Maguire se contentait d’alterner air de benêt et visage larmoyant. 

Garfield est réjoui de jouer le héros avec qui il a grandi et le transmet à l’écran. De même pour Emma Stone, qui donne un vrai relief à son personnage aux travers de différentes mimiques, gestuelles, à contrario d’une Kristen Dunst totalement inerte et froide. En résulte une véritable alchimie entre les deux têtes d’affiche qui pétille et s’avère des plus tangibles. Pas très étonnant lorsque l’on sait que Stone et Garfield se sont véritablement mis en couple suite au film ! 

Des personnages modernisés et approfondis ! 

Et cela est bien évidemment rendu possible par une approche nouvelle des personnages ! Là où le Peter Parker de Raimi se cantonnait au galérien stéréotypé des comics des années 70, surjouant la victimisation de son héros au point de mériter des baffes ; ce nouveau Peter est totalement modernisé pour en faire un personnage plus crédible. Il n’est plus seulement une victime, mais un jeune homme qui bricole dans sa chambre, écoute de la musique, a des posters de films, fais des blagues et a des problèmes avec ses parents (qu’ils soient biologiques ou adoptifs). Bref un vrai ado représentatif de son époque ! De plus, les enjeux émotionnels de Peter ainsi que sa psychologie sont beaucoup plus développés. Malheureusement cela entraîne un défaut assez majeur dans le métrage : un déséquilibre dans le rythme. En effet, le soin apporté pour raconter les origines du héros est tel que nous ne voyons son apparition costumée qu’au bout de presque une heure de métrage, l’action commençant véritablement qu’à partir de ce moment trop tardif. 

Gwen quant à elle s’affirme comme une anti MJ. Exit la cruche superficielle qui crie tout le temps, bienvenue à la copine du héros qui a une vraie intelligence (voir plus que Peter !), qui sait se débrouiller et prendre son courage à deux mains, sans pour autant être artificiellement “badassisée”. Elle n’est plus le faire valoir du tisseur, mais un vrai support qui a son rôle à jouer, et ça, ça fait du bien ! 

© Sony Pictures

Il est aussi très intéressant de remarquer que l’intrigue fait l’effort de se démarquer de ce qui a déjà été fait en voulant instaurer un fil rouge conducteur, construit autour du mystère des parents de Peter et d’Oscorp comme point névralgique. En résulte un scénario plus construit où des points narratifs se répondent et ont des conséquences les uns sur les autres (l’apparition du vilain dû aux expériences du héros) et un protagoniste plus actif qui enquête et va affronter les problèmes de lui même ; là où le tisseur de Sam Raimi était passif et ne faisait que répondre aux dangers qui lui tombaient dessus un peu par hasard. Par conséquent, la vie lambda du super-héros et ses répercussions sont bien moins mises en avant, un peu noyées dans une intrigue plus grosse que lui, de ce qui n’aide pas pour favoriser l’identification du spectateur.

Dernier point à noter, la direction artistique est magnifique, avec des décors plus high-tech profitant des nouvelles technologies et une photo léchée de John Schwartzman plus sombre jouant sur les clairs obscurs, là où dans les premiers opus elle se faisait plus discrète. Une direction très post Dark knight, peut-être un peu hors sujet face au héros censé être plus lumineux, mais qui n’est pas dénué d’intérêt et de nouveauté. Les effets spéciaux sont aussi au summum de leur qualité, bien plus que sur ceux de Raimi, avec un Lézard époustouflant de réalisme et de texture.  

Mais Sam Raimi, reste Sam Raimi 

Nonobstant tous ces bons points, il n’y a pas à chercher, il est compliqué de passer après Sam Raimi ! Malgré l’effort notable de se démarquer de sa trilogie, certains passages obligatoires des origines ont un air de déjà vu et souffrent fortement de la comparaison avec ses prédécesseurs. A l’image de la mort de l’oncle Ben, dénué de puissance émotionnelle et à la mise en scène bâclée (sûrement dû à un reshoot de scènes coupées). Et la direction de Marc Webb, malgré toute la bonne volonté qu’il y met, n’arrive clairement pas à tenir la distance avec Raimi. Ses scènes d’action sont sur-cutées, trop terre à terre et ornées de montage alterné avec des réactions de figurant, comme pour camoufler l’incapacité d’avoir une mise en scène immersive et des plans sur la durée. Cependant il s’avère meilleur lorsqu’il s’agit de filmer les moments plus intimistes, pas très étonnant venant du réalisateur de 500 jours ensembles.

Tout cela sûrement dû à des délais de production trop courts et une non-expérience du réalisateur dans le cinéma d’action. En résulte des enjeux bien moins tangibles là où les précédents multipliait les dangers pour un résultat des plus spectaculaire. Et cela est bien représenté par son méchant principal, très simpliste (et qui est très calqué sur le Doc Oc de Raimi, en moins bien) dans ses motivations, avec un plan machiavélique digne des plus grandes séries Z. 

© Sony Pictures

Ce reboot qu’est The Amazing Spider-Man reste donc très intéressant dans la réinvention de son personnage, le soin apporté au développement de sa psychologie et une intrigue dépassant la simple vie de tous les jours du héros, le tout servi par un casting bien au-dessus des itérations précédentes. Mais la mise en scène peine à atteindre la maestria de Sam Raimi, en faisant un opus bien moins spectaculaire et un redite plus anecdotique. Son principal défaut étant donc d’arrivée après une saga qui aura marqué l’histoire du cinéma de divertissement.

The Amazing Spider-Man est actuellement disponible sur Netflix.

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