Good Luck Have Fun Don’t Die n’est plus ni moins que le retour longuement espéré de Gore Verbinski à la réalisation. Mais derrière les prémices de cette aventure SF rocambolesque, le papa de Pirates des Caraïbes et Rango accouche d’une satire caricaturale et fastidieuse.
Good Luck Have Fun Don’t Die a tout pour être le véhicule parfait censé montrer un retour en grande pompe pour Gore Verbinski. Dix ans après le sympathique A Cure for Life, le réalisateur mercenaire derrière la trilogie Pirates des Caraïbes, Rango ou le sous-coté Lone Ranger semblait avoir été oublié dans les limbes d’Hollywood. Mais le revoilà à la tête d’un projet beaucoup plus modeste à hauteur de 20 millions de dollars, prenant la forme d’un film de science-fiction combinant boucle temporelle et vilaine IA.

Good Luck Have Fun Don’t Die s’ouvre dans un diner américain tout ce qu’il y a de plus banal, alors qu’un homme venu du futur (le toujours génial Sam Rockwell) débarque en affirmant que c’est la 117e fois qu’il se présente à ce même instant. Le but ? Trouver la bonne combinaison de personnes pour le rejoindre dans sa quête de stopper la fin de la civilisation.
En effet, c’est ce soir-même que l’humanité est censée basculer dans une ère gouvernée par une intelligence artificielle malveillante, et ils doivent donc trouver le responsable. Une tâche moins aisée que prévue, d’autant que divers obstacles vont venir jalonner leur périple urbain. Avec comme pur dénominateur commun notre rapport à la technologie !
Le soulèvement des poncifs
Car derrière son entrée en matière réussie (quelque part entre Terminator et The World’s End), Good Luck Have Fun Don’t Die va avoir la fâcheuse manie de ponctuer son scénario par de gros tronçons de flash-back, centrée sur une poignée de personnages constitutifs du groupe de protagonistes. Une idée pas nécessairement futile, mais dont la lourdeur plombe la rythmique globale de cette couse-contre-la-montre.

Dès lors, Good Luck Have Fun Don’t Die s’apparente à un Black Mirror du pauvre, alors que le script signé Matthew Robinson profite de ces interstices pour amener un brin de background aux personnages (de Haley Lu Richardson à Juno Temple en passant par Zazie Beetz, le casting est évidemment réussi), mais surtout exposer le spectateur à diverses dérives de la société américaine.
Pot pourri de la dénonciation technophobe moderne
Tueries armées dans les écoles devenues phénomène habituel, entreprises de clonage de défunts, dépendance à des mondes virtuels, lycéens-zombies accros au smartphone…. autant de problématiques thématiques supportant l’arc narratif des personnages, mais qui à défaut d’être réellement traitées, permettent une résolution aux traumatismes des personnages autant qu’à conclure le récit.
Problème : Good Luck Have Fun Don’t Die n’exploite que très rarement son concept, préférant énoncer des lapalissades (on ne peut empêcher l’arrivée de l’IA, mais on se doit de la contrôler) et se servir d’ennemis lobotomisés venant d’un sous-Carpenter pour allonger la durée du métrage. C’est dommage, car Verbinski emballe le tout efficacement, et propose par instants quelques visions de ce qu’aurait pu donner une version largement moins timorée (cette espèce de créature cauchemardesque à têtes de chat!).

In fine, il faudra attendre le climax de Good Luck Have Fun Don’t Die pour que la trame, les enjeux, la mise en scène, la rythmique et les personnages trouvent leur point de concordance dans une vraie cohésion. Une intention logique mais qui survient beaucoup trop tard, et ce avant une énième pirouette narrative nous questionnant réellement sur la portée de ce que nous avons pu voir durant 2 longues heures. Comme un petit effet plouf finalement…
Good Luck Have Fun Don’t Die sortira au cinéma le 15 avril 2026
avis
On attendait le retour de Gore Verbinski, et si le réalisateur parvient à emballer efficacement Good Luck Have Fun Don't Die et à proposer des trajectoires à ses personnages, le script accuse inconsistances terribles vis-à-vis de sa satire technophobe. En résulte une aventure n'ayant que peu de choses à dire vis-à-vis de l'intelligence artificielle, se cachant derrière des numéros de passe-passe narratifs éculés. Déception !
