Cannes 2019 – jour 6 : une journée particulière

Aujourd’hui, contre vents et marées,
Je veux que mon regard plonge,
Dans les profondeurs de l’âme de Terrence Malick.
Poème écrit par un marin anonyme, XVIIe siècle.

Mon amour pour Terrence Malick ne connaît de limite. C’est le genre de cinéaste qui me procure une douce sensation : l’impression que tout est possible au cinéma, qu’il n’y a aucune limite narrative, aucune barrière esthétique, aucune émotion imperceptible.

Son cinéma n’est pas parfait, loin de là. Ses réflexions parfois obscures et théologiques me passent par-dessus la tête, mais qu’importe. J’aime ce qu’il représente, ce qu’il offre au médium.

Il a une logique bien à lui. Il met son œuvre avant tout, sacrifiant au passage des acteurs, les rendant accessoires dans un récit où ils devaient avoir un rôle de premier plan. Ce sens du sacrifice pour son œuvre mérite d’être à la fois critiqué et respecté.

Cet homme mystérieux, dont on ne connaît qu’un seul portrait, a tout osé dans son étrange carrière. Au sommet de sa gloire après Les Moissons du ciel, il n’a plus réalisé de long-métrage pendant deux décennies avant de revenir avec La Ligne rouge en 1998. Et maintenant, il fait des films quasi à la chaîne, à un rythme qu’on pourrait qualifier de woodyallenien.

Comme vous le sentez probablement, c’est une journée particulière, car j’écris cette chronique le cœur palpitant à l’idée de découvrir a Hidden Life dans quelques minutes.

P.S. : c’est vraiment, vraiment une journée particulière : je viens de me faire refouler de la projection.

Tout va bien.
Garder son calme.
Respirer fort.
Foncer dans le tas.
Chaaaaaaargez !
Poème rédigé par un capitaine de cavalerie américain, XIXe siècle.

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Nicolas Diolez

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