Critique True Detective saison 3 épisodes 1 & 2 : retour aux sources !

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HBO et OCS viennent de diffuser les deux premiers épisodes de la saison 3 de True Detective où Nic Pizzolatto tente de revenir aux origines de sa série à succès, peut-être un peu trop.

Quand deux enfants disparaissent dans les Ozarks des années 80, deux flics tentent de résoudre une enquête qui subira des rebondissements encore 10 puis 35 ans plus tard. Après une première saison exceptionnelle et une seconde plus brouillonne, HBO se devait de rendre à True Detective ses lettres de noblesse. Cette saison 3 permet à Nic Pizzolatto de revenir à ses premiers amours, malgré une histoire et un duo calqué sur le hit original.

Si la trame narrative sent bon la facilité, il est vrai que cette troisième saison de True Detective soulève de nouveaux phénomènes de société, du racisme aux problèmes mentaux tout en brossant le portrait d’une Amérique en pleine rémission vietnamienne. Des critiques toujours acerbes qui viennent souligner l’aspect brutal et désabusé d’un show psychologiquement sombre.

True Detective, true grit !

Du nouveau générique porté par Death Letter de Cassandra Wilson (à la double exposition habituelle), au clap de fin de ces premiers épisodes, on sent qu’on est de retour dans la bouillasse et les considérations humanistes de True Detective. La caméra alerte de Jeremy Saulnier ne cesse de rendre tangible la précarité américaine au milieu de paysages désertiques tout en reprenant les gimmicks visuels de Fukunaga, histoire de parfaire le tableau.

Si l’ambiance crasse et la ruralité profonde des Ozarks peignent un tableau pessimiste de l’Amérique des années 80, la narration tend à proposer une version optimiste de ses protagonistes. S’ils sont en peine, ils dégagent de l’espoir. Entre amour naissant et rééducation psychologique après les traumatismes de la guerre du Vietnam, c’est avant tout un regard intimiste que nous offre ce retour télévisuel. Plus personnel, le scénario s’attarde sur les personnages, leurs doutes, leur passé, leur futur et ce à travers une triple temporalité originale.

True Detective, vrais humains

Avec une enquête s’affairant sur plusieurs décennies, Pizzolatto et HBO tentent de refaire le coup de la saison 1 mais en poussant le vice encore plus loin. Mahershala Ali fait des merveilles d’interprétation, encore plus lorsqu’il est superbement maquillé en octogénaire pour un résultat bluffant de réalisme.

L’occasion pour True Detective d’investir une facette de l’investigation inédite, la mémoire. Atteint d’Alzheimer, le vieux flic doit en référer à ses fragiles souvenirs alors qu’il replonge dans les faits en 2015 soit 30 ans après la disparition. Avec une révision du dossier en 1990, ces trois lignes temporelles complexifient, pour pas grand chose, le développement de l’affaire en cours, proposant un produit brouillon, du moins pour l’instant. D’autant que les rebondissements et progrès de l’enquête ressemblent trop à ceux rencontrés par McConaughey et Harrelson, l’impact en moins.  

True Detective est comme toujours un choc visuel et narratif. Mais cette saison 3, malgré son intention de proposer de nouvelles perspectives intimistes, commence comme la précédente, de façon assez poussive. On attend la suite avec impatience pour juger du retour en force de HBO.

La saison 3 de True Detective est actuellement diffusée sur HBO et OCS.

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À propos de l'auteur

Axel PC

Entre deux passages sur le billard pour ressembler à l’arme X, ce créateur marginal allie réalisation, illustration et graphisme à l’écriture pour s’évader vers une galaxie lointaine. À l’affut de toute image mouvante, sa passion pour le cinéma et les séries ne s’estompe que pour fragguer quelques noobs.

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