Jumpers (Hoppers en VO) est le 30e film des studios Pixar (Toy Story, Vice-Versa, Ratatouille, Les Indestructibles..) ! Premier film de Daniel Chong, cette aventure teintée d’humour et d’écologie voit son héroïne investir un robot-castor dans le but d’assurer la communication entre le monde des animaux et celui des humains.
Jumpers devrait être un évènement ! En effet, il s’agit du trentième long-métrage des studios Pixar : la firme à la lampe nous a en effet abreuvé de plusieurs chef-d’œuvres en une seule génération. Coco, Wall-E, Le Monde de Nemo, Vice-Versa, Soul…. la liste est longue et pourtant le studio oscille également avec des titres plus mineurs. Disparité de talents oblige, mais également dans une réception globale plus contrastée du public concernant les propositions originales du studio (Luca, Elio, Alerte Rouge…).
Seul Élémentaire a réussi à tirer son épingle du jeu ces dernières années auprès du grand public, alors que Pixar s’apprête à donner de nouvelles suites à Toy Story et aux Indestructibles. La sortie de Jumpers est donc d’autant plus importante, étant donné qu’il s’agit à nouveau d’un récit original pour le studio, piloté par un nouveau réalisateur !
Un jour je deviendrai un castor
Débutant dans la ville fictive de Beaverton, la jeune et rebelle Mabel Tanaka passe son temps à vouloir libérer les animaux présents dans son école. Envoyée auprès de sa grand-mère, la jeune fille tombe amoureuse de la clairière avoisinante, et de toute la faune qui y évolue. Des années plus tard, Mabel est à l’université et sa grand-mère est décédée depuis bien longtemps. Désireuse de protéger ce qui était leur havre de paix, elle s’engage régulièrement dans des opérations pour saboter l’urbanisation voulue par le maire Jerry Gennerazzo.
Malheureusement, pour empêcher qu’une autoroute vienne défigurer le paysage à jamais, Mabel va devoir retrouver les animaux qui occupaient l’étang auparavant. Cela tombe bien, une professeur de l’université à mis au point les Jumpers : des avatars mécaniques ressemblant à des castors, permettant d’y transposer son esprit pour les piloter à distance. C’est par ce procédé que Mabel va entrer en contact avec le monde des animaux, dans le but de sauver la clairière !

« Ce n’est pas du tout comme Avatar » dira le professeur Fairfax à Mabel lors de la scène présentant le high-concept de Jumpers. Hors, c’est précisément sur des terrains thématiques et narratifs similaires que le long-métrage Pixar accusera d’un certain manque de réelle incarnation dans sa première partie. Pourtant, le film présente de manière claire et ludique son très bon personnage principal : crinière ébouriffée, tempérament explosif, caractère proactif… Mabel porte réellement le film, notamment via les quelques irruptions flash-backs accentuant le deuil de cette dernière.
Le Pixar le plus emprunté de l’Histoire du studio
On a connu Pixar beaucoup plus percutant en terme d’émotion (on ira pas jusqu’à comparer à l’introduction de Là-Haut, rien que les versants lacrymaux d’En avant ou même Elio suffisent), mais Jumpers porte néanmoins cet élément à bon escient. De plus, le métrage a la belle idée de mettre sur le même plan le combat idéologique de Mabel et son vécu, faisant en sorte que l’écologie devient à la fois une quête personnelle et universelle.
Il sera donc dommage de voir ensuite que Jumpers passe beaucoup trop de temps à bifurquer de tonalité, préférant l’humour (qui fait tout de même régulièrement effet) au sein des diverses rencontres et situations de l’héroïne grimée en castor. Rien de rédhibitoire, mais là encore le studio nous avait habitué à bien plus de singularité dans l’exploration et le renversement des codes des univers investis (y compris du monde animalier dans Le Monde de Nemo).

Dès lors, on se retrouvera avec un récit balisé plus proche d’un Nos Voisins les Hommes, d’autant que le récit n’exploitera jamais réellement les divers personnages secondaires (rapidement évacués pour les utiliser une seule fois pour une action précise). La peur d’une histoire en pilotage automatique fait ainsi craindre le pire…. avant une seconde partie qui renverse bien la donne !
Une finalité particulièrement réussie
Après avoir passé du temps avec le Roi Georges (un truculent roi Castor) et introduit (un peu tard peut-être) un conseil animalier représentant le monde des reptiles, celui des poissons, des insectes ou encore des volatiles. Presque avant son climax, Jumpers renverse les cartes et met enfin en difficulté ses personnages pour mieux jouer avec les possibilités allouées à son concept. Un concept d’avatar qui aurait sans doute pu être poussé bien plus loin (et ce dans les deux sens !), mais qui a le mérite d’exister pour proposer quelques séquences virevoltantes toujours impeccablement fabriquées par les artistes de chez Pixar (cette poursuite automobile !).

Mais là où Jumpers réussit son narratif, c’est bel et bien dans sa finalité ! Centré initialement sur un conflit binaire (urbanisme vs nature, monde adulte vs enfant, humain vs animal..), substrat illustratif de toute opposition idéologique, Jumpers parvient tout naturellement et sans forceps à mettre en scène la nécessité de la collaboration vers un monde meilleur. Et ce malgré une différence d’opinion ! Un propos qui à l’heure actuelle et de manière intemporelle est nécessaire, et qui est traité sans bout de gras. On aurait aimé que cela soit dans un Pixar mieux tenu (y compris via une partition musicale moins anonyme de Mark Morthsbaugh), mais en l’état cela reste pas si mal.
Jumpers sortira au cinéma le 4 mars 2026
avis
Jumpers a beau être le Pixar le moins original qui soit depuis au moins une décennie, et ce malgré son high-concept proche d'Avatar. Pourtant, le 30e long-métrage du studio à la lampe parvient à charmer et à trouver sa singularité via sa finalité facilitant le dialogue entre deux points de vue en opposition. Le tout amené par une seconde partie aussi fun qu'incarnée. Sympathique pioche, bien que mineure donc !
