Critique First Man – Le premier homme sur la Lune nous la décroche

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En 2002, Indochine demandait à la Lune. En 2018, Ryan Gosling marche dessus dans la peau du First Man Neil Armstrong, mise en scène par son copain Damien Chazelle.

Les adeptes de la théorie du complot ont beau crier à qui veut l’entendre (c’est-à-dire personne) que l’homme n’a jamais marché sur la Lune, n’empêche que Damien Chazelle (Whiplash, La La Land) y croit (ou du moins il fait bien semblant). Il signe un First Man – Le premier homme sur la Lune « d’un fort beau gabarit, ma foi… » comme on disait dans le temps à Nagano.

Le réalisateur sait l’importance de frapper fort dès l’intro et après Another Day of Sun, il nous embarque dans un Another Day of Sky en immersion totale aux côtés d’un Ryan Gosling paniquée. C’est là toute la force de ce long-métrage – et celle d’un bon biopic en général -, parvenir à nous mettre en apnée alors qu’on connaît déjà la fin. Volontairement claustrophobe, volontairement affolée, volontairement épileptique, sa caméra reproduit ce sentiment de détresse lorsqu’on ne maîtrise plus rien dans un espace où personne ne nous entendra crier.

First Man, pas First Men

Sur Terre, la réalisation se veut plus académique et repose beaucoup sur le talent de Ryan Gosling qui se montre sous son meilleur jour. Claire Foy fait, elle-aussi, des merveilles, malgré un scénario qui ne lui accorde peut-être pas la place qu’elle mériterait puisque… bah ce n’est pas elle le sujet du film.

Ryan Gosling est aussi un réalisateur de talent

Au même titre, il ne faut pas non plus compter sur First Man pour nous parler de Buzz Aldrin – rapidement caractérisé comme une bonne tête de nœud – et encore moins du troisième homme, Michael Collins, que nous appellerons « le figurant ». Mais puisque on te dit que ce n’est pas le sujet !!! Non, l’angle se focalise sur Neil et rien que Neil car « c’est un petit pas pour l’humanité, mais un bond de géant pour un homme ». Gênant ? Aucunement, le long-métrage ne cherchant nullement à nous vendre une autre histoire que celle du « First Man » on ne peut pas dire qu’il y a mensonge sur l’étiquette. Pour le reste, il y a Wikipédia.

Le Space Oddity de Ryan Gosling

Pour en revenir à ce cher Ryan, il a récemment déclaré qu’il espérait avoir été à la hauteur du personnage. On ne parlera pas pour Neil, mais nous on est sacrément fiers de toi gamin ! Jamais tu n’auras été aussi expressif dans tes silences, dans ton regard éteint. Et oui on te tutoies, on est comme ça.

Parce qu’il faut bien réaliser qu’au-delà d’un mec qui décide de mettre un peu d’espace entre lui et la Terre, le long-métrage nous raconte surtout l’histoire d’un homme face au deuil, n’arrivant pas à vivre alors que la mort frappe à sa porte constamment. S’il explose dans les airs, c’est dans sa représentation du chagrin que First Man décolle vraiment. Une émotion palpable de bout en bout qui vaut bien quelques écarts historiques. On ne demandait pas la Lune, il nous l’a décroché quand même.

First Man – Le premier homme sur la Lune sort le 17 octobre 2018.

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Avis

8.5 Amerrissage réussie
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À propos de l'auteur

Allan Blanvillain

L’homme à tout faire du site chargé de veiller à ce que l’info ne soit jamais trop longue et n’hésitant pas à priver les coupables de desserts. Car comme dirait Chuck Norris : un grand pouvoir implique de grandes responsabilités.

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