Alors que la franchise Transformers est disponible sur Netflix, revenons sur le lancement pétaradant de la franchise au cinéma signé Michael Bay.
Cela fait bientôt 20 ans que Transformers aura conquis le monde au cinéma, via un premier opus mis en scène par un homme qui aura ensuite bien du mal à s’en délester, l’incontournable Michael Bay. Choisi en personne pour adapter cette franchise de jouets estampillée Hasbro par Steven Spielberg, dont le réalisateur d’E.T. était fan, après leur première collaboration sur le fade The Island, accompagné du duo de scénaristes Alex Kurtzman et Roberto Orci, Michael Bay ne se doutait sûrement pas encore du piège dans lequel il s’engouffrait, après avoir quitté le giron de Jerry Bruckheimer.

Parce qu’avec près de 700 millions de dollars récoltés au box-office mondial (pour un budget estimé de 150 millions), battant des records dès ses premiers week-ends d’exploitation pour une franchise « originale », le cinéaste (tout en signant un condensé de son style teinté d’un hommage azimuté à son nouveau producteur exécutif), ne se doutait qu’il se trouverait lié dix années durant, à une saga ne cessant d’exploser les records. Paradoxalement via une saga délibérément opportuniste, d’abord inspirée de jouets, le talent de clippeur-pubard de Michael Bay aura un temps réussi à mener vers le haut cette franchise qui n’a depuis continué de muter (le spin-off Bumblebee, le reboot Transformers– Rise of the Beasts et Transformers One), telle un indestructible virus.
E-Transformers
Nous sommes donc en 2007, et au box-office l’on y voit (déjà) s’accoler une longue liste de suites parader en tête des succès de l’année : Spider-Man 3, Harry Potter et l’Ordre du Phénix, Pirates des Caraïbes – Jusqu’au bout du monde, Shrek le troisième, Die Hard 4 – Retour en enfer et Les 4 Fantastiques et le Surfer d’Argent trônent ainsi en haut des plus gros hits aux côtés d’un petit nouveau, nommé Transformers.
Son réalisateur, lui, a déjà fait ses preuves en termes de cartons planétaires, il s’appelle Michael Bay ! Ce dernier a déjà derrière lui les succès de Bad Boys et de sa suite, de Rock, d’Armageddon et de Pearl Harbor, une réputation d’artificier bourrin et patriote reconnu, et sort d’un premier petit échec qui aura au moins eu le mérite de lui faire rencontrer le trio qui le ramènera vers le succès, le producteur Steven Spielberg, et les scénaristes Alex Kurtzman et Roberto Orci.

Transformers nous narre ainsi le duel sur notre chère planète Terre de deux races de robots extraterrestres, les Autobots et les Decepticons, venus s’y disputer un Cube qui pourrait détruire notre monde en de mauvaises mains. Au milieu de ce chaos ambiant : Sam Witwicky, descendant de l’homme ayant découvert l’antagoniste suprême et possédant un objet capable d’identifier la position du cube, et sa petite-amie Mikaela (Shia LaBeouf et Megan Fox, 21 ans et dans la peau de collégiens). Sur le papier, donc, la filiation avec Spileberg est plutôt à chercher du côté de La Guerre des Mondes (le film y fera une référence) plutôt que d’E.T. L’Extra-Terrestre. Et pourtant, tout dans le personnage de Bumblebee penche de ce côté ! Une scène avec une petite fille au saut du lit, et le réel talent pour rendre cette machine sans voix humaine (des jeux avec des extraits de films et des titres), et l’héritage s’avère ainsi parfaitement digéré.
Bay jamais transformé
Michael Bay a cependant bien trop d’identité visuelle pour se laisser complètement transformer en sage petit héritier. Ainsi, si la filiation est à aller chercher du côté des productions Amblin, elle est plutôt à trouver chez Joe Dante et ses Gremlins (le deuxième opus), tant le talent de clippeur oscillant entre le génie et l’affreux mauvais goût de Michael Bay réhausse perpétuellement cette histoire banale. Inutilement étirée,cette dernière se caractérise par de multiples exploits avec un budget assez retreint pour un projet de cette ampleur, à l’image de sa scène de bataille finale entièrement tournée en studio.
Des plans de Megan Fox sur-sexualisée au-dessus d’un moteur, de l’infaillible passion du cinéaste pour l’armée américaine et sa longue liste de sponsors (allant jusqu’à un Transformers Xbox 360), des dialogues au ras-de-la-ceinture et des personnages caricaturaux jusqu’à l’outrance, tout dans ce premier opus déborde d’une générosité visuelle constante !

Ainsi, certains fans du cinéaste y préféreront (avec tant de raisons valables) sa suite Transformers 2 – La Revanche, dont la double-ration du programme proposé dans cet opus débute dès son développement. En pleine grève des scénaristes, Michael Bay n’hésita pas à enfermer Alex Kurtzman et Roberto Orci dans une chambre d’hôtel après avoir lui-même écrit une ébauche de 80 pages. On y retrouve ainsi, en bien moins sage, et avec un goût plus assumé pour la surdose, tout ce qui nous a fait vous reparler de cette saga aujourd’hui.
