Critique spectacle – War Horse : la Seine Musicale mise sur le bon cheval !

War Horse est un spectacle hors du commun qui mêle sur scène 34 comédiens, chanteurs et marionnettistes, autour de chevaux animés plus vrais que nature !

Après s’être produit dans 98 villes et 12 pays, War Horse arrive en France. Et c’est à La Seine Musicale que le show aux 8 millions de spectateurs à travers le monde s’installe pour 34 représentations exceptionnelles. Inspiré du livre de Michael Morpurgo, Cheval de guerre, le spectacle est né il y a douze ans au National Theater de Londres. Il est aujourd’hui lauréat de plus de 25 prix internationaux. Sur fond de première guerre mondiale, il met en scène une jolie histoire d’amitié entre un jeune homme et son cheval.

Une scénographie époustouflante

Dans la campagne anglaise, Albert tisse un lien fort avec Joey, un jeune cheval que lui a un jour ramené son père. Mais la première guerre mondiale éclate et vient séparer les deux amis. Si Albert est trop jeune pour s’enrôler dans l’armée, il est pourtant bien décidé à retrouver Joey, envoyé sur le Front, en France. Le jeune garçon entreprend alors une périlleuse mission, sans imaginer la véritable épopée que son cheval est en train de vivre. Dans ce spectacle visuellement incroyable, les comédiens et les objets s’animent avec la même énergie et le même talent. Les lumières, les musiques et les chants tissent une atmosphère à la fois mélancolique et poussiéreuse, que viennent parfois brutaliser et assombrir des scènes de guerre appuyées par de puissants effets sonores et lumineux. L’immersion est totale. Et le show impressionnant.

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© Brinkhoff / Moegenburg

Un réalisme saisissant

Les talentueux marionnettistes de la compagnie sud-africaine Handspring Puppet Company donnent vie à des corbeaux, une oie, des soldats, des hirondelles, un tank. Mais surtout, à des chevaux plus vrais que nature ! C’est simple, dès qu’ils entrent en scène, on ne peut qu’avoir les yeux rivés sur ces marionnettes de plus de 60 kilos. Chacune est animée par trois marionnettistes qui œuvrent ensemble à une véritable chorégraphie et font preuve d’une générosité incroyable. En effet, on est subjugués par la précision et le niveau de détail avec lesquels ils manient ces chevaux d’acier. Leurs déplacements, leurs hennissements, leur souffle, leurs mouvements de tête ; mais aussi d’autres mouvements plus subtils, comme des frémissements d’oreilles ou de queue… Ils ne laissent aucun détail au hasard. Et, aussi fou que cela puisse paraître, il se dégage même plus d’émotions de ces objets animés que des comédiens en chair et en os.

L’émotion placée au second plan ?

Car c’est le seul point qui nous a un peu laissés sur notre faim : l’émotion. Si la deuxième partie de la pièce parvient enfin à nous toucher, l’ensemble demeure néanmoins assez plat d’un point de vue émotionnel. Certes, on est captivés tout du long par la scénographie, et l’amitié entre Albert et Joey est touchante. Mais rien ne vient nous remuer à l’intérieur. Ce qui contribue à rendre le spectacle un peu long, surtout dans sa première partie. Quant aux enfants, si War Horse leur est recommandé à partir de 10 ans, mieux vaut à notre avis y songer à deux fois avant d’emmener votre bambin. Car 3h de spectacle, pour eux, c’est encore plus long. Surtout quand il faut lire en même temps. Car, rappelons-le, War Horse est en anglais surtitré en français. Et surtout, l’ensemble est tout de même très sombre. Mais néanmoins brillant.

War Horse, d’après le roman de Michael Morpurgo, adapté par Nick Stafford et mis en scène par Marianne Elliott et Tom Morris, se joue à La Seine Musicale, à Paris, jusqu’au 29 décembre 2019.

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Mélina Hoffmann

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