Critique Shaft : Samuel L. Jackson en catatonie

S’il représentait le cool à l’état pur, l’icône de la blaxploitation tente de ressortir le swag avec une version 2019, mais Shaft n’est plus que l’ombre de sa caricature.

John Shaft Junior a besoin de l’aide de son père pour résoudre un meurtre. Les droits de distribution rachetés par Netflix outre-atlantique, rien que ça montrait bien que ce nouveau Shaft sentait bon le projet maudit. Ce n’est que face à cette horreur « cinématographique » qu’on a pris conscience du viol narratif que subissait le pourtant très (trop) viril détective.

Critique Shaft : Samuel L. Jackson en catatonie
©Netflix

S’il n’est pas le seul coupable, on jette pourtant la pierre à Tim Story, responsable de précédentes purges comme Les 4 Fantastiques, et qui tente ici d’instaurer une vision modernisée et décomplexée de ses héros blacks, cools, classes et couillus. Tu parles. A couvert de l’iconique thème musical de Isaac Hayes, le film est une blague bien grasse et honteuse dont on comprend l’absence des salles obscures chez nous.

« Qui est misogyne ? Shaft ! »

 En pur produit hasbeen, Shaft tente de remettre au goût du jour des punchlines très malaisantes et homophobes, tout en en mettant plein la vue du « sexe faible », parce que bon, on est quand même des bonhommes. Si quelques réparties permettent de sourire lorsque Samuel L. Jackson, aussi actif qu’en maison de retraite, va casser des culs en gueulant « mothafucka », on s’ennuie sec. Surtout qu’il fait figure de dinosaure face à un son rejeton de Jessie Usher en hypster habillé « comme un blanc ». Bye bye la critique finaude de la société et bonjour les poncifs d’une narration atterrée et atterrante, digne d’un téléfilm écrit à la truelle histoire de bien calibrer toutes les blagues irrévérencieuses, mais surtout déplacées.

Critique Shaft : Samuel L. Jackson en catatonie
©Netflix

Poussif, le film tente pourtant de donner à ses acteurs en roues libres, des séquences d’action malheureusement mal fichues. Béat d’admiration devant Samuel L. Jackson qui se la joue jeune premier du haut de ses 70 ans, Tim Story oublie de réveiller sa caméra et se contente de pauvres effets de style incohérents et dénués de tout spectaculaire. Les ralentis freinent l’action qui n’est elle même pas mise en valeur, engoncée derrière les grosses burnes de Shaft, histoire de le laisser camoufler un discours moraliste derrière des clichés misogynes. La classe ?

Jouant pauvrement sur la filiation d’un actioner machiste, Shaft tente de faire sourire en provoquant mais ne réussit qu’à incommoder. Not cool.

Shaft est disponible sur Netflix.

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Axel PC

Entre deux passages sur le billard pour ressembler à l’arme X, ce créateur marginal allie réalisation et graphisme à l’écriture pour s’évader vers une galaxie lointaine. À l’affut de toute image mouvante, sa passion pour le cinéma et les séries ne s’estompe que pour fragguer quelques noobs.

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