Critique Livre – La Danse du Cygne : le destin étoilé d’une danseuse de ballet

La Danse du Cygne raconte, à hauteur d’enfant et avec poésie, la vie et la danse de la célèbre danseuse étoile Anna Pavlova.

Anna Pavlova, c’est un destin hors-normes. La Danse du Cygne retrace la naissance et l’accomplissement d’une passion trop forte pour être ignorée. Après avoir assisté à son premier ballet, la petite Anna – née en 1881 dans une famille pauvre de la Russie des tsars – n’aura de cesse de se rêver danseuse étoile. Encore considérée comme la plus grande danseuse de tous les temps par beaucoup, Anna Pavlova a surtout contribué à ouvrir à tous une discipline longtemps réservée aux classes aisées : le ballet. Une belle, inspirante et tragique histoire, illustrée avec beauté.

« Anna est un oiseau en plein vol, un caprice du vent et de l’eau. Un plumage tranquille dans un monde immense et brûlant. »

Un univers contrasté

Une fois de plus, nous nous sommes laissés séduire par la couverture d’un livre jeunesse. Après celle de Bulle d’été, qui nous avait tout de suite emportés dans une parenthèse de poésie, la couverture classieuse, texturée et brillante de cet album nous a hypnotisés. Oui oui, nous sommes de grands enfants que voulez-vous… ! Mais l’important, c’est que ces couvertures artistiques tiennent généralement leurs promesses. Ainsi, il émane de ce livre quelque chose d’à la fois sombre et étincelant, d’intimiste et de pudique. Un univers aussi contrasté que l’existence de cette danseuse dont le courage, la générosité et le talent ont marqué l’histoire de la danse.

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© Julie Morstad

Douceur, finesse et rigueur

Le texte de Laurel Synder est poétique et nuancé, en harmonie avec les élégantes illustrations à l’encre, à la gouache et au crayon de Julie Morstad. Les phrases sont courtes et percutantes. Un rythme qui évoque une certaine forme de rigueur, qui fait écho à celle liée à la discipline de la danse classique. Elles s’étirent parfois légèrement, semblant suivre un mouvement dans lequel la poésie jaillit, tournoie, au beau milieu des flocons. Car la quasi totalité des pages nous plonge dans un hiver neigeux. Et dans le public tout de couleurs sombres vêtu, venu assister au ballet, seule une petite fille en robe claire et nœud rouge sort du lot. Un contraste très joliment rendu pour mettre en lumière celle qui ne fera alors plus que rêver de devenir une grande danseuse étoile. Et qui, portée par sa passion, et à force de travail, y parviendra brillamment.

Une véritable source d’inspiration

Pourtant, qui aurait pu imaginer qu’une petite fille aux jambes trop maigres et aux pieds tordus deviendrait une grande danseuse ? Qu’elle irait parcourir le monde pour le nourrir de beauté ? En retraçant ainsi l’histoire d’Anna Pavlova, c’est un bel hommage que rendent l’auteur Laurel Snyder et l’illustratrice Julie Morstad à cette grande danseuse surnommée le Cygne. Mais c’est aussi un message d’espoir qu’elles livrent à tous les jeunes passionnés – de danse ou d’autres disciplines. Car La Danse du Cygne témoigne de ce à quoi peuvent mener la passion, la persévérance et la détermination, malgré les obstacles qui peuvent se dresser entre nous et nos rêves.

La danse du Cycgne, de Laurel Snyder, illustré par Julie Morstad, est paru le 11 octobre 2018, aux Éditions L’étagère du bas.

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Mélina Hoffmann

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