Critique Comics – Batman – White Knight : Le Joker, ce héros

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Que se passerait-il si Le Joker et le Chevalier Noir inversaient les rôles, le clown se positionnant en sauveur de Gotham face au côté sombre de Batman ? C’est le synopsis alléchant de Batman – White Knight de Sean Murphy.

C’est un fait avéré, s’il ne doit rester qu’un méchant à l’univers de la Chauve-souris, ça serait le clown prince du crime. Un manipulateur froid et décérébré, qui grâce à une intelligence affûtée, parvient régulièrement à poser problème au justicier. Ils ont beau être ennemis, les deux sont indissociables et se répondent sur bien des points. Du pain béni pour Sean Murphy qui décide, avec son Batman – White Knight, d’inverser les rôles et de faire de l’homme au sourire le « Chevalier Blanc » du récit.

Batman est-il le criminel le plus dangereux de Gotham ?

Le comics permet de travailler la dualité qui unit les deux protagonistes sous un nouvel angle. Cette fois-ci, ce n’est pas le Joker qui tente de faire tomber Batman de sa forteresse, mais l’inverse. Le Chevalier Noir doit affronter un clown guéri (ou pas ?) qui se fait peu à peu apprécier de l’opinion public en réglant les crimes à Gotham. Il met ainsi en exergue l’incapacité de Batou à résoudre les problèmes sur le long terme. Celui qui se fait désormais appeler Jack Napier va mettre le doigt sur l’addiction de son rival à la violence, comme si ce travail de justicier était nécessaire à son propre équilibre. D’où son absence de solutions définitives.

Certes, l’idée d’un Batman aussi dangereux que les criminels qu’il poursuit n’est pas nouvelle, mais elle est ici amenée sous un angle particulièrement frais. Le scénario n’oublie pas non plus d’insister sur le côté égoïste du héros qui se garde bien de partager ses inventions avec les flics de la ville. Des arguments concrets et logiques qui viennent dresser un nouveau portrait du personnage, moins mélioratif. Sa légitimité se trouve remise en cause par un lecteur qui voit d’un autre œil un « héros » aigri et agressif.

Je t’aime moi non plus

Murphy n’en oublie pas d’aborder l’admiration que se porte les deux ennemis de toujours. La fascination du Joker pour le Batman le pousse presque à le considérer comme un ami. Un ami qu’il vénère, qu’il jalouse, dont il veut à tout prix attirer l’attention. Il ne cherche pas à le tuer, mais à l’égaler, le surpasser, inventer un piège que même le Chevalier Noir ne saurait défaire. De son côté, le justicier y trouve la raison de sa quête vengeresse, sa soif de justice. Chacun voit en l’autre sa raison d’être.

White Knight met énormément l’accent sur cette relation malsaine, à travers les changements de position sociale, ou en pointant du doigt les démons des deux personnages. Le comics de Sean Murphy est délectable, tandis que ses dessins sombres et réalistes font ressortir le côté rebutant de Gotham et la noirceur des âmes de ses habitants. On a également droit à une superbe révélation sur Harley Quinn, et une réponse, peut-être légèrement décevante du cas Jason Todd. Les connaisseurs comprendront.

Batman – White Knight est sorti en couleurs le 26 octobre 2018 chez Urban Comics.

Article écrit par Aubin Bouillé.

Critique Comics - Batman - White Knight : Le Joker, ce héros

© Urban Comics

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