[Critique] Shock Corridor, brûlot politique à la dérive

Samuel Fuller mettait en scène dans Shock Corridor les traumas de l’Amérique d’alors : Vietnam, nucléaire, communisme, ségrégation raciale… Par le truchement d’un journaliste cupide qui intègre un asile à la recherche d’un scoop, le spectateur est invité dans l’antichambre états-unienne, chaque patient étant porteur d’un mal moderne.

Comme voilé à la face du monde, ces individus sont le produit d’une Amérique du Nord broyeuse de conscience qui contient difficilement ses rejetons les plus sensibles, que Fuller remet en jeu avec une fougue percutante. Sa caméra radiographie l’humanité brûlante derrière les traumas indélébiles, le tout encadré d’un N&B expressionniste du plus bel effet (signé Stanley Cortez, chef op’ de génie). Soutenu par un acteur central charismatique, la descente aux enfers se double d’une facette individuelle terrible où le pseudo-héros perd progressivement pied d’avec la réalité alentour.

Si son historiette amoureuse apparaît comme datée, il n’en reste pas moins que la portée politique du long-métrage résonne encore aujourd’hui avec une force unique, éloignée quelque part de l’efficacité narrative du remake signé Scorsese (Shutter Island). A découvrir sans tarder.

Shock Corridor est sorti le 15 Septembre 1965 et est disponible en DVD chez Wild Side.

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