[Critique] Godzilla, monumentale œuvre d’amour

2

Dans l’effroyable univers de l’écrasante production hollywoodienne, il arrive parfois qu’un cinéaste s’échappe du peloton pour faire bouger les cartes et remettre l‘art cinématographique au centre du bordel ambiant. Christopher Nolan l’a fait avec génie en 2010 avec Inception, Gareth Edwards le reproduit aujourd’hui avec Godzilla et un immense talent en poche.

Fou amoureux de sa créature et de sa fascination enfantine, Edwards la protège de la vue en bâtissant une superbe tension humaine autour, là où le hors-champ fabrique une réelle hallucination terrienne. Armé d’un récit limpide et parsemé de malicieux rebonds, le cinéaste laisse vivre des personnages aux relations simples mais palpables, qu’un casting formidable et exigeant sert à merveille.

Tout cela pour mieux laisser éclater une générosité sans nulle autre pareille lors de ses nombreuses séquences de destruction massive, toujours tenues au ras de l’impuissance terrestre et donc chevillées à une terreur absolue. Sa compréhension du genre comme de son délicat sujet est totale, quand elle ne s’évade pas vers de purs instants de grâce, comme en témoigne un final absolument inoubliable. Une référence.

Godzilla sort le 14 Mai dans les salles françaises.

Advertisement
(Visited 11 times, 1 visits today)

Avis

9.0 Parfait !
  • Votre avis (0 Vote) 0

À propos de l'auteur

Emyr Phœnix

Shooté au cinéma depuis son plus jeune âge, c’est avec une insatiable curiosité qu’il guette le prochain rubis filmique susceptible d’être révélé. Même si ça ressemble à une aiguille dans une botte de foin.