Critique Sex Education Saison 3 : sans demi-molle !

Après ces 2 premières saisons pleines de charme, Sex Education revient enfin sur Netflix avec une saison 3. Continuant d’explorer les joyeux affres des étudiants de Moordale. L’occasion de proposer une saison pleine de douceur et de maturité, nous rappelant encore une fois qu’on a affaire à une des meilleures séries de la plate-forme de streaming !

Rappelez-vous, la saison 2 de Sex Ed‘ se terminait de manière frustrante : le message d’Otis a l’intention de Maeve avait été effacé par Isaac, Eric et Adam forment un couple heureux en apparence, Jean Milburn se découvre enceinte, le proviseur Groff a perdu sa femme et son job… Nouvelle rentrée, dit désormais nouveaux enjeux/problèmes ! Otis enchaîne désormais les exploits sexuels avec Ruby, Adam découvre son homosexualité auprès d’Eric, Michael Groff tente sortir la tête de l’eau (et de trouver un job), Jean essaye de renouer avec Jakob…

Mais ce n’est pas tout, car de nouveaux personnages (très réussis) viennent s’ajouter à l’addition : une proviseure à la main de fer jouée par Jemima Kirke, Peter le frère arrogant de Michael Groff (joué par Jason Isaacs) ou encore Cal, étudiant non-binaire qui va petit à petit se rapprocher de Jackson. Inutile de dire que Moordale vont encore une fois subir des changements, pour le plus grand plaisir du spectateur qui va retrouver ce beau monde comme si on les avait jamais quittés !

Critique Sex Education Saison 3 : sans demi-molle !
© Netflix

Alors que Sex Education avait débuté en plaçant au centre la relation Otis-Maeve (qui sera par ailleurs poursuivie ici) et leur petite entreprise de conseils sexologiques, rapidement la série aura su travailler au corps un ensemble de personnages tous plus attachants les uns que les autres. Jouant parfois d’archétypes stéréotypés issus des tropes du teen drama (la grosse brute, l’introverti qui se fait bully, la goth rebelle, le sportif tombeur ou bien la bimbo écervelée), Sex Ed’ parvenait avec brio à retourner les clichés, et montrer que sous chaque façade se cache des individus hautement humains à diverses facettes.

Après une très bonne séquence d’intro, usant de travelings bien sentis pour jongler entre chacun des protagonistes qui font partie intégrante du cœur choral de Sex Education, nous sommes introduits auprès de Hope Hadden : nouveau proviseur tout d’abord sympathique, cette dernière se révèlera rapidement presque aussi détestable que Dolores Ombrage dans Harry Potter et l’Ordre du Phénix. Décidée à inculquer les bonnes valeurs à ses étudiants et réfréner toute déviance de la désormais surnommée « Sex Academy », Hope va installer un climat de terreur, permettant d’aborder les thématiques majeures de cette saison 3 : le refoulement des sentiments, le non-dit et la non-acceptation identitaire !

Introspection refoulée

Sex Education avait réussi de par son ton fun et pop à aborder plusieurs sujets néanmoins importants comme la toxicité masculine, la recherche de figure parentale, l’abus de drogue, le harcèlement, la découverte de son corps… Cette saison 3 conserve encore une fois son humour rafraichissant ainsi que son ton décalé (les scènes de chorale font toujours leur petit effet régressif, et une séquence de voyage scolaire en France en est le point d’orgue), mais se veut aussi la saison la plus mature du show jusqu’à présent ! La répression de tout sentiment et expression identitaire étant au centre des enjeux, c’est encore plus vrai ici avec chaque personnage (du plus central au plus périphérique) qui se voit donc en plein travail introspectif afin d’avancer.

Rétrospection vis-à-vis de leurs regrets (Michael Groff n’a jamais paru si touchant, en voulant renouer avec sa famille tout en essayant d’abandonner sa vision masculiniste et péremptoire de la vie), culpabilité à l’idée d’être soi-même (impossible de ne pas aimer Lily et ses fantasmes de romance alien après ça), peur du regard des autres (ce qui sera source de frictions entre Eric et Adam) ou bien répulsion de toute forme de désir, Sex Education aborde avec beaucoup de tendresse et de sincérité la notion de l’interdit et de croyances limitantes.

Critique Sex Education Saison 3 : sans demi-molle !
© Netflix

Le feel-good est toujours bien présent, mais Sex Ed’ n’hésite pas à s’engouffrer dans des sujets adultes (Maeve qui doit gêrer sa mère alcoolique, Aimee qui doit se réapproprier son propre corps après les évènements de la saison 2) ou d’actualité (Jackson en pleine relation queer; Eric cachant son homosexualité à sa famille nigérienne). Une des séquences les plus surprenantes et bienvenues est celle où la série n’hésite pas à représenter les personnes atteintes d’handicap dans une séquence d’amour.

Il faut aussi noter qu’outre Otis, Maeve, Jackson, Aimee, Jean ou bien Eric, les 2 personnages sortant du lot pour cette saison 3 sont Adam et Ruby. Le premier a la palme du perso ayant le plus évolué depuis le tout premier épisode, passant de bully mal-dégrossi à individu sensible et à fleur de peau. La seconde est une belle surprise, abandonnant son image de tchoin superficielle pour explorer son intimité également plus fragile et humaine. Une vraie réussite !

Brisons le silence ensemble

Inutile de refaire le point sur les qualités indéniables de Sex Education, tout est là : point de vue disparate et singulier de chaque lycéen, mise en scène colorée, fluidité de narration, ruptures de ton maîtrisées, humour absurde, liberté d’expression pour briser les tabous, personnages attachants… La recette fonctionne toujours, mais en allant plus loin dans l’introspection de ses persos, propose ni plus ni moins que la meilleure saison de la série (avec la première).

Se finissant de manière douce-amère (et de façon encore plus frustrante que la dernière fois, il fallait le faire !), on peut néanmoins se réjouir vu que la saison 4 est d’hors et déjà officiellement annoncée. Malgré une attente plus longue qu’à l’accoutumée, Sex Education Saison 3 est là, confirmant encore une fois que nous avons affaire à une des séries Netflix les plus réjouissantes, pertinentes et réussies du service ! Du feel-good comme on en veut plus souvent !

Sex Education est disponible sur Netflix

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Cinéphage, sériephile, médic...un touche-à-tout qui reste un grand rêveur !

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