[Critique] Moonlight : le clair obscur d’une âme en développement

Une sensibilité à fleur de peau qui sublime un film d’une grande beauté. Barry Jenkins est un magicien qui fait parler les silences et taire les préjugés. Moonlight, dissection du cœur d’un jeune afro-américain, qui n’est pas épargné par le destin.

Une noirceur mise en lumière. Rien n’est simple, rien n’est joli, rien n’est joyeux dans la vie de Chiron. Pourtant, s’il tombe à terre à chaque coup de poing, il y a toujours une lueur d’espoir pour le relever. Des personnages au cœur tendre qui illuminent cet univers désenchanté. Et c’est aussi eux qui font la force du film. S’ils ne sont qu’acteurs secondaires, ils n’en restent pas moins inoubliables. A l’image de l’immense Marhershala Ali, qui livre une performance d’une sincérité époustouflante.

Une identité brumeuse au sein d’un orage. Chiron a une certaine allure, parle d’une certaine manière et aime d’une certaine façon. Autant d’attitudes que les autres lui reprochent et condamnent. A travers cet enfant qui n’arrive pas à se construire, Moonlight critique une société effrayée par la différence, qui la bloque et l’empêche de s’épanouir. Son réquisitoire ne passe pas par les discours, mais par les sentiments, et parvient à illuminer le beau dans un monde de laideur où l’injustice est reine.

Moonlight sort le 1er février 2017 dans les salles.

Avis

9,5 Une délicatesse hors pair
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