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Accueil - Critique Eaux Profondes : niaiserie trépan-érotique
Critique Eaux Profondes : niaiserie trépan-érotique
© 20th Century Studios
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Critique Eaux Profondes : niaiserie trépan-érotique

Charley Charley18 mars 2022Aucun commentaireIl vous reste 5 minutes à lireUpdated:19 mars 2022
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Eaux Profondes (Deep Water en VO) est le nouveau thriller sulfureux d’Adrian Lyne, porté par Ben Affleck et Ana de Armas. Du moins ça c’est sur le papier, étant donné que cette production Fox largement retardée, tient plus de la fumisterie soap que de l’objet érotique attendu.

Le genre du thriller érotique aura vu des jours glorieux dans les 90’s, largement enrichie par le succès tonitruant de Basic Instinct. Une vague dont Adrian Lyne (Flashdance, L’Échelle de Jacob) aura également contribué à populariser, via 9 semaines 1/2, Liaison Fatale ou encore Proposition Indécente. Retraité depuis 2002 (et le stérile Infidèle), le bougre revient donc à son fond de commerce principal avec Eaux Profondes.

En projet depuis 2013, Deep Water dans la langue de Shakespeare arrive enfin (et pas pour notre plus grand bonheur), dénué de toute sortie salle, et catapulté directement en streaming sur Amazon (et Hulu aux USA). Porté par Ben Affleck (Argo, Gone Girl) et Ana de Armas (À Couteaux Tirés, Mourir peut attendre), Eaux Profondes promettait au moins un thriller tendu du string et de l’érotisme frétillant pour nous divertir. Monumentale erreur !

Critique Eaux Profondes : niaiserie trépan-érotique
© 20th Century Studios

Nous suivons donc Vic et Melinda Van Allen, couple bourgeois fortuné et parents emprisonnés dans leur mariage sans étincelle. Via un certain arrangement (dont le métrage ne nous détaillera jamais réellement les règles), Melinda peut s’amuser dans de courtes relations extra-conjugales, tandis que Vic peut garder sa femme frivole et l’unité familiale. Quitte à avoir cependant des pulsions meurtrières et l’envie d’afficher un air constipé-contrarié tout du long !

Liaison banale

Alors que d’entrée de jeu Eaux Profondes définit les deux protagonistes comme le chat et la souris d’un jeu adultère, le reste du métrage n’ira jamais réellement plus loin dans l’exploitation de son concept. Alors que le spectateur est contraint d’assister à des boucles narratives à base de « Melinda dragouille et joue des hanches, tandis que Vic affiche le regard de bovin à chacune des conquêtes de sa femme« , le récit ne décolle jamais, contraint de nous asséner une vision stéréotypée et anachronique du couple.

Critique Eaux Profondes : niaiserie trépan-érotique
© 20th Century Studios

Pire, les choix de casting semblent également peu adéquats malgré le talent indéniable de tous les interprètes (même Tracy Letts, Lil Rel Howery, Finn Wittrock ou Jacob Elordi), ici la gênance des interprétations globales est en adéquation avec la pauvreté d’écriture globale d’Eaux Profondes. En résulte l’impression d’assister à un soap télévisuel complètement prude et abruti, plutôt qu’un thriller érotique et sulfureux !

On appréciera quand même la dimension involontaire parfois comique du film, à coup de répliques déplacées, de scènes de soirées dénuées d’authenticité ou bien d’un segment final à VTT honteusement divertissant ! Si Sam Levinson (Euphoria, Malcolm & Marie) semble avoir réécrit le script, on se demande bien où la subversion a bien pu se faire la malle !

Boomer qui te caresse le Linguam

Eaux Profondes a sans aucun doute un grand fautif : son réalisateur ! Plus dans le coup depuis deux décennies, Lyne filme le tout mollement, plaçant son métrage le cul entre trois chaises (l’érotisme qui te montre timidement un téton gratuit pour faire genre, le thriller monocorde qui fait pas monter la sauce et le drama conjugal de bac-à-sable).

Le résultat est donc sans aspérité, se réveillant via un climax au montage décent et plus resserré (avant de retomber dans une conclusion des plus expédiée, comme dans un sous-roman de Gillian Flynn). La facture visuelle n’a rien de profondément honteux ceci dit, mais là encore concourt au caractère complètement anonyme de l’ensemble de par l’approche inoffensive de la mise en scène globale. Bref, pas de quoi engorger le corps caverneux !

Critique Eaux Profondes : niaiserie trépan-érotique
© 20th Century Studios

Passées quelques situations rigolotes à base de menaces de meurtre sur fond de cuisine d’escargots (une utilisation délicieusement kitschouille des gastéropodes au sein du plot) ou de pseudo-consternation sénile (« tu as développé une puce high-tech qui sert des drones, tu es donc un sale vilain »), on se dit qu’Eaux Profondes est avant-tout un gros pas de côté pour son duo d’acteurs principal.

D’un côté Ana de Armas, aussi séduisante soit-elle, ne peut pas faire grand chose face à son personnage grossier et bipolaire (on est sur la vision de la femme lubrique digne d’un regard machiste des 50’s). De l’autre, Ben Affleck affiche son regard de merlan frit le plus convaincant du monde, véritable avatar du spectateur devant la consternation globale que représente ce film. En un sens, il est peut-être le personnage le plus censé, car nous aussi on aimerait juste tenir la tête sous l’eau de tous ses pseudo-adultes aux réactions lunaires.

Dumb Girl

Au final, Eaux Profondes est digne de son titre : un film qui nous glisse entre les doigts, nous mouille notre beau T-shirt (dans l’espoir de nous sécher avec un autre) et nous amène vers les tréfonds de l’écriture du genre. Heureusement, les acteurs font comme ils peuvent pour nous divertir, et Adrian Lyne apporte un léger soupçon de ludisme alors que le personnage principal daigne mettre ses mains dans le cambouis (sans réel impact ceci dit). Une vaste fumisterie tout simplement, instantanément has-been et insipide malgré le rire nerveux qu’il peut provoquer.

Eaux Profondes est disponible sur Amazon Prime depuis le 18 mars 2022

avis

2 navet stérile

Eaux Profondes représente le degré 0 du thriller et de l'érotisme. Un TVfilm digne du soap sous-écrit, nous assénant d'un regard arriéré sur les relations de couple, en plus d'être totalement inoffensif dans sa dimension sulfureuse. Le résultat est donc tout à fait puéril et abrutissant, malgré la plastique d'Ana de Armas et la consternation jubilatoire d'un Ben Affleck ayant tout à fait cerné l'encéphalogramme plat que représente le métrage.
C'est très mauvais !

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