Critique Akira : le fleuron de l’animation japonaise

Le grand Akira revient en 4K. Mythique Neo-Tokyo, folles courses à motos, bande son grisante et final époustouflant sont de retour.

Akira dépeint les travers de l’humanité dont les personnages principaux de l’oeuvre, Tetsuo et Kaneda, se voient accablés. Tout bascule quand Tetsuo est enlevé et subit d’inquiétantes expériences. Pouvant prendre sa revanche sur tous ceux l’ayant rabaissé, Kaneda le premier, Tetsuo se voit vite submergé par l’immense pouvoir qu’il développe. Certains en viennent à évoquer le possible retour du divin Akira. L’intrigue se déroule en 2019 dans un Neo Tokyo cyberpunk. Cette adaptation du manga éponyme est initialement sortie le 8 mai 1991 en France. La version 4K est quant à elle sortie le 19 août 2020.

Kaneda… aide moi !

Akira illustre brillamment les déchirures profondes causées par le rejet d’autrui. Tetsuo n’use pas de cette puissance étrangement administrée pour établir une justice, mais pour se venger. Le long métrage bénéficie d’une animation corporelle des plus convaincantes, la figure de Tetsuo se distord continuellement au gré de ses lourds tourments. Son corps entier, submergé par la puissance, développe d’écœurantes difformités entrelaçant organique et mécanique. Cette masse immonde frappe par sa quantité exorbitante de détails et ses couleurs pétantes (particulièrement le rouge).

Critique Akira : Le fleuron de l'animation japonaise
©1988 Mash Room Committee / Dybex / Eurozoom

De son côté, Kaneda sûrement épris de remords, se met rapidement en quête de son ami. N’hésitant pas à infiltrer le complexe militaire et scientifique, il s’en suit naturellement affrontements armés ardents. Les combats happent grâce à la condensation d’action en un court laps de temps où mitraillettes tournent à plein régime et décors volent en éclats. Mais, l’intrigue se concentrant sur Tetsuo, les assauts restent minoritaires et les effusions de sang se voient modérées.

La folie des grandeurs

Le savant fou (seul personnage stéréotypé), ses acolytes de l’armée et Tetsuo se voient tous empris de l’un des plus grands maux de l’histoire, l’hybris. L’irresponsabilité des premiers et le désir de vengeance du second mènent à l’exploration du terrain pentu du psychisme. Comme lieu de prédilection l’hôpital avec ses couloirs mal éclairés et jouets d’enfants glauques, hallucinations visuelles et auditives angoissantes portées par une bande son magnétique déroutent.

Le revers de la médaille particulièrement lourd de cet orgueil démesuré vaut-il la chandelle de s’élever au dessus de sa condition d’humain ? Akira y répond en établissant un constat sans appel. Jouer avec la science s’avère trop dangereux quand les lubies de quelques uns passent avant la protection de la communauté. Celle-ci cède totalement à la panique : face à la menace Akira, le corps civil se scinde entre sectes et déboussolés. Le Neo Tokyo cyberpunk est définitivement en proie au chaos total. La libération d’Akira soulignée par un ralenti, accentuant l’aspect irréversible de l’action, finit de l’achever.

Neo Tokyo pleure

Akira dresse le triste portrait d’une humanité frappée par la malédiction de l’orgueil. S’y mêlent à la perfection dangers de la science, dérives fanatiques, hybris, châtiment divin et domaines du rêve et de la pensée. Son réalisateur, Katsuhiro Otomo, se tourne alors naturellement vers une mise en scène monumentale. Il en découle qu’en 2020, Akira n’a pas pris une ride grâce à une qualité graphique somptueuse et une bande son magistrale signée Geinoh Yamashirogumi.

Akira est ressorti en 4K le 19 août 2020 en France.

Clem Mp

Critique Akira : Le fleuron de l'animation japonaise
©1988 Mash Room Committee / Dybex / Eurozoom

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Clem MP

Tout ce que l'on sait de ce mystérieux individu, c'est qu'il se nourrit quasi-exclusivement de productions nippones et de musique. L'exploration de ces deux genres lui a valu mille émerveillements de la pop commerciale au rap métal, du shonen aux fantasy les plus délirants. Mais aussi de nombreuses souffrances, c'est ça l'amour après tout…

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