Cannes 2018 – Critique En Guerre : dans le no man’s land entre les ouvriers et les patrons

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Quatre ans après le succès de La loi du marché à Cannes, Vincent Lindon et le réalisateur Stéphane Brizé signent leur retour avec un film dans la même veine. Cette fois, En Guerre s’intéresse à un conflit entre les employés (d’une usine sur le point d’être délocalisée) et le patronat.

Comme un film de guerre. À l’image du titre qui se passe d’explication, Brizé filme un conflit avec pour seules armes les mots et la résilience. Il met en avant les doutes (environnement hostile, blocage qui s’éternise et qui attaque les finances) et la radicalisation de chaque camp comme dans n’importe quelle guerre. Ce n’est pas un film facile à regarder à cause de sa tension permanente. D’ailleurs, le cinéaste ne cherche pas à nous mettre à l’aise, mais à décrire au plus près ce qu’est un conflit pour la survie d’un travail.

Engagé et à la limite du documentaire. Le réalisateur cherche à être au plus proche de la réalité avec une caméra qui se déplace librement entre les personnages (comme si elle n’anticipait pas les dialogues) et avec pour seul acteur professionnel Vincent Lindon. Enfin, il prend un point de vue militant sur le capitalisme, mais il réussit à ne pas tomber dans le manichéisme primaire, ce qui n’est pas évident à faire avec un tel sujet. Épuisant mais puissant.

En Guerre sort le 16 mai 2018 chez nous

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7,5 Intense
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