[Critique] Le musée des merveilles porte-t-il bien son nom ?

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Deux ans après Carol Todd Haynes revient avec un défi : adapter une œuvre de jeunesse sans perdre son identité. A la vue du récit éminemment musical du Musée des Merveilles, on pourrait même parler de plusieurs challenges : deux parcours d’enfants, tous les deux sourds, sur des périodes de temps différentes (1927 et 1977) dont les destins se croisent sans se toucher.

Des fulgurances esthétiques pleines de promesse. Todd Haynes adapte le roman de Brian Selznick avec un fétichisme visuel qui confine au grandiose. L’art du chevauchement qu’il met en place s’articule sur des échanges sonores et esthétiques soigneusement orchestrés. Le soin de la reconstitution contribue à l’apparente richesse thématique d’une œuvre qui s’interroge sur le poids de la mémoire collective. Avec une application aussi maniaque, le réalisateur s’assoit comme un formaliste de génie.

Derrière le vernis, l’œuvre patine. Les pièces exposées, toutes flamboyantes, laissent entrevoir le poids du temps passé. Traversée d’une traite pourtant, l’expérience reste parfois un peu artificielle, comme si la profondeur entrevue s’en tient à une approche purement théorique. Pour un film destiné à émouvoir, le coche est quelque peu raté.

Le musée des merveilles sort le 15 novembre 2017 en France et a été présenté en compétition officielle au Festival de Cannes 2017.

Retrouvez tous nos articles consacrés au 70e Festival de Cannes ici.

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À propos de l'auteur

Emyr Phœnix

Shooté au cinéma depuis son plus jeune âge, c’est avec une insatiable curiosité qu’il guette le prochain rubis filmique susceptible d’être révélé. Même si ça ressemble à une aiguille dans une botte de foin.

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