[Critique] Aimer, boire et chanter, l’au-revoir d’Alain Resnais

Alain Resnais n’est plus. Ce grand expérimentateur du septième art, à l’affut des combinaisons artistiques les plus impensables, nous laisse en guise d’héritage Aimer, boire et chanter. 3 raisons d’exister en ce bas-monde quelques fois sinistre qui semble n’être qu’un boulevard coloré, mais se révèle en son dernier quart un dernier tour de piste très personnel.

Aimer, boire et chanter ressemble à s’y méprendre à un film somme. On y décèle des transitions crayonnées, un espace scénique fait de lambeaux et de murs de studio et une composition de lumière volontairement très expressive. L’assemblage crée une sensation particulière, où le spectateur est à la fois un complice et un otage conciliant (pour peu qu’il accepte le procédé).

Le récit boulevardier qui l’habite, où un malade en fin de vie crée la zizanie dans son entourage d’amis, n’est pas un modèle de concision ni de franche originalité. Mais il participe à l’envie de son metteur en scène de s’amuser de la mort, de lui faire un pied de nez cinématographique, comme lors d’un final troublant de vérité et pourtant jamais lugubre. Rajoutez-y un sextuor d’habitué(e)s dont l’art d’interprétation est au sommet, et vous obtenez un bel adieu pour un grand monsieur qui va bien manquer au cinéma français.

Aimer, boire et chanter est sorti le 26 Mars 2014, et est encore en salles aujourd’hui.

Avis

8.0 Incontournable
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