Huit ans après son annonce, Samus Aran revient pour une aventure qui en met plein la vue. Si le choc visuel est bien présent, Metroid Prime 4 : Beyond déçoit sous plusieurs aspects.
L’attente autour de Metroid Prime 4 : Beyond était devenue presque mystique. Après un développement chaotique et un passage de flambeau à Retro Studios, le titre devait être le messie de la nouvelle génération de Nintendo. Le contrat est rempli sur la forme : le jeu est une prouesse technologique. Mais sur le fond, l’expérience laisse un goût amer aux habitués de la licence, la faute à une simplification excessive et une linéarité surprenante pour un genre qui prône normalement l’exploration libre. Chronique d’un retour inespéré mais controversé.
Une claque graphique monumentale
S’il y a un point sur lequel Metroid Prime 4: Beyond ne peut être critiqué, c’est sa réalisation. Profitant de l’architecture de la Switch 2, le titre affiche une beauté insolente. Les effets de particules des rayons et la gestion des reflets sur la visière franchissent un cap, tandis que les panoramas planétaires gagnent une profondeur de champ vertigineuse. On sent que Retro Studios a poli chaque pixel pour offrir une vitrine d’exception, rendant les textures et les environnements plus tangibles que jamais.
La fluidité reste impériale avec un 60 FPS constant, indispensable à la précision des combats. L’immersion sensorielle demeure le point fort de l’aventure, portée par un brouillard volumétrique saisissant et une ambiance sonore spatiale toujours aussi travaillée. Entre puissance technique et direction artistique maîtrisée, le titre s’impose comme la nouvelle référence visuelle de Nintendo, happant le joueur dès les premières secondes.
Un gameplay efficace mais sans résistance
Manette en main, Samus est plus réactive que jamais. Les contrôles sont d’une souplesse absolue et l’arsenal, bien que classique, procure des sensations immédiates. Cependant, le bât blesse rapidement : le jeu est d’une facilité déconcertante. Les ennemis de base ne représentent aucune menace et les boss, malgré leur mise en scène spectaculaire, se terrassent souvent du premier coup sans avoir besoin d’analyser leurs patterns.
Cette absence de challenge transforme la progression en une promenade de santé qui pourra frustrer les amateurs de tension. On avance sans jamais vraiment craindre pour sa barre d’énergie, ce qui nuit gravement au sentiment de survie en milieu hostile propre à la série.
Un monde ouvert… pour quoi faire ?
La grande nouveauté de cet opus résidait dans l’introduction de zones plus vastes, présentées comme un « monde ouvert ». Dans les faits, l’apport est plus que discutable. Ces espaces servent essentiellement de hubs de transition assez vides, que l’on traverse rapidement sans grand plaisir de découverte. Pire encore, le jeu se révèle plus linéaire que ses prédécesseurs. On est constamment pris par la main, avec un objectif clair affiché sur la carte, brisant ainsi l’essence même du « Metroidvania » où l’on devait se perdre pour mieux trouver son chemin.
Cette structure impacte directement la durée de vie. Comptez à peine une douzaine d’heures pour voir le bout de l’aventure en prenant votre temps. Pour un titre attendu depuis si longtemps, le contenu paraît un peu chiche, d’autant que le sentiment de satisfaction lié à l’obtention de nouveaux items est amoindri par la prévisibilité du parcours.
En conclusion, Metroid Prime 4 : Beyond est un superbe objet de démonstration technologique, mais un épisode en deçà de la légende. Trop court, trop facile et finalement trop timide dans ses mécaniques, il rate la marche du chef-d’œuvre malgré sa réalisation de haute volée.
Metroid Prime 4 : Beyond est disponible depuis le 4 décembre 2025 sur Nintendo Switch et Nintendo Switch 2.
Avis
Si la claque visuelle est incontestable, Metroid Prime 4 : Beyond pèche par un manque de profondeur et une facilité décevante. Un titre plaisant, mais qui manque de l'étincelle et du challenge de ses aînés.
- Graphismes
- Gameplay
- Bande sonore
- Durée de vie
- Scénario
