[Sortie Blu-ray] Les Salauds dorment en paix, le film le plus cynique de Kurosawa

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Si les années 50 ont vu l’émergence de la célébrité d’Akira Kurosawa à l’international, les années 60 peuvent être considérées comme la période où son style atteint son plus haut niveau d’excellence. À l’image des Salauds dorment en paix (1960) qui est une œuvre majeure du cinéaste japonais, mais aussi certainement sa plus sombre.

Je corromps, tu corromps, il corrompt… Le film se révèle être une puissante analyse de la corruption qui gangrène la société japonaise de cette époque. Tout en évitant de tomber dans le manichéisme, Kurosawa met en avant des personnages torturés et complexes. Comme d’habitude, Toshirô Mifune apporte tout son talent « bestial » et on retrouve également un autre habitué du cinéma kurosawaien, Takashi Shimura, qui joue encore une fois le rôle d’un fonctionnaire, ce qui est pratiquement un gros mot chez Kurosawa, à cause de la corruption et l’inefficacité de l’administration (aurait-il voté Fillon de nos jours ?).

Faut-il encore préciser que la mise en scène de Kurosawa est divine ? Pas la peine de répondre, c’est purement rhétorique. La caméra est toujours placée au bon endroit, captant parfaitement les différents enjeux des séquences. Certains plans longs sont invisibles – une qualité rare – et pourtant si complexes dans leur exécution. Bref, des leçons de mise en scène à chaque plan ! C’est indéniablement du grand cinéma qui a influencé de nombreux réalisateurs à travers le monde… Et cette influence n’est pas prête de s’arrêter.

Les Salauds dorment en paix sort en Blu-ray chez Wild Side le 3 mai 2017.

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Avis

9 Grand !

Bonus :

- "Kurosawa s'attaque à la corruption" (36')
- "Dans l'ombre du guerrier" : entretien avec Masahiko Kumado (assistant personnel) (26')

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À propos de l'auteur

Nicolas Diolez

Rédacteur à la recherche de la moindre trace de génie sur pellicule et qui vit selon un axiome très précis : « un jour sans critiquer Michael Bay est un mauvais jour, mais un jour sans encenser Martin Scorsese en est un bien pire. »

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